FRANCE-A-FRIC-HAINE : MARCUS CONTRE LE MINISTERE PUBLIC FRANÇAIS OU QUAND « L’IMPOSTEUR » DENONCE L’IMPOSTURE NEOCOLONIALE


Dans l’affaire MARCUS contre le Ministère Public français, la mobilisation continue. Nous vous attendons nombreux le mardi 23 janvier 2018 à 14h pour la suite du procès en appel devant la Cour d’Appel de Versailles[2] dans l’affaire Marcus/Ministère public où c’est la victime qui est condamnée à de la prison ferme pour prétendues violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique alors que c’est lui qui a été brutalisé par les forces de l’ordre à l’instar de nombreux autres manifestants.
Maître MISSAMOU
Tout en remerciant toutes celles et ceux qui ont pu venir soutenir Marcus ce jeudi 21 septembre 2017 devant la Cour d’appel de VERSAILLES[3], nous saluons la défense de maître MISSAMOU[4] et de sa jeune consoeur qui ont obtenu le report de l’audience d’appel afin de pouvoir auditionner des témoins et visionner la vidéo sur laquelle Marcus a été condamné à tort le mardi 07 juin 2016[5]. Petit retour sur cette justice france-à-fric-haine. Dans cette affaire, Marcus avait fait l’objet d’une comparution immédiate après 2 jours de garde à vue et 3 jours de mandat de dépôt.
Désormais représenté par Maître MISSAMOU, Marcus[6]  espérait bien pouvoir rétablir la vérité des faits en faisant témoigner les personnes présentes à cette action de sensibilisation des actionnaires de Bolloré du 3 juin 2016.

Manifestant brutalisé le 03/06/2016 (AG Bolloré)
C’était sans compter sur l’arrogance mâtinée de panique tant du Ministère public que de la Défense du policier prétendument blessé par Marcus[7].Sur la base des témoignages ubuesques de policiers assermentées et d’une vidéo à laquelle la Défense n’a pas eu accès et n’aurait pas demandé à avoir accès en première instance, Marcus sera condamné alors que nous disposons de nombreux témoignages, vidéos et photos qui attestent des violences policières subies par les manifestants aux mains nues ce 3 juin 2016 au siège de la multinationale prédatrice BOLLORE[8] comme dans de nombreuses autres manifestations auxquelles Marcus a participé[9].
Marcus dit l’imposteur, militant panafricain, antinégrophobe, anticolonial et altermondialiste bien connu des trottoirs de France et de Navarre est donc devenu un symbole de l’engagement polymorphe au cœur de la convergence des luttes. Pour avoir participé à l’interpellation des actionnaires au siège de BOLLORE lors de leur AG du 3 juin 2016, il se retrouve aujourd’hui condamné à 6 mois de prison ferme et 1500€ d’amendes et de dommages et intérêts.
Mwazulu  de l''UDC brutalisé le 03/06/2016
En effet, alors que plusieurs mouvements avaient appelé à soutenir cette action non-violente d’interpellation des actionnaires de Bolloré à l’occasion de leur AG du 3 juin 2016 (ReAct, Confédération paysanne, Union des Populations du Cameroun, Survie, Grain…)[10], il est à noter que seuls deux manifestants – deux Africains de surcroît- ont été arrêtés et surtout poursuivis pour rébellion et outrage à des personnes dépositaires de l’autorité publique pour que finalement seul Marcus écope d’une peine totalement inique dont il a fait appel.
Revenons un peu sur les motivations profondes de cette manifestation car l’art de nos dirigeants consiste bien à détourner l’attention de l’opinion publique des véritables enjeux du combat : le droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et dans le cas présent plus particulièrement celui des citoyens africains de jouir de leurs terres accaparées par des multinationales prédatrices sur fond d’expropriation et de spoliation par régimes dictatoriaux locaux interposés[11].
Pour éviter de donner de la visibilité à cette mobilisation contre l’accaparement des terres par Bolloré et tant d’autres, spécialement dans les pays d’Afrique francophones dirigés par les riches amis de la France, du CAC 40 comme de la Communauté financière internationale, les autorités françaises n’ont de cesse que d’essayer de discréditer les lanceurs d’alerte et autres altermondialistes en essayant de les faire passer pour des êtres violents, voire même des terroristes. Les participants à cette action du 03 juin 2016 qui avaient spontanément rédigé des attestations en faveur de Marcus et étaient prêts à venir témoigner en sa faveur n’ont même pas pu le faire faute d’avoir été informé de la procédure à son encontre.
 

 
Voilà en effet ce qu’il s’est passé à la Cour d’Appel de Versailles ce jeudi 21 septembre 2017. Dès le rappel de l’affaire par le Juge, Maître MISSAMOU demande l’audition de 6 témoins et le visionnage de la vidéo qui aurait soi-disant permis d’établir les faits reprochés à Marcus et motivé sa condamnation en première instance. L’avocate du policier présent ainsi que la Procureure Générale s’y opposent farouchement au motif que ces témoins seraient tombés du ciel et n’auraient jamais été mentionnés précédemment, que cela relèverait de la manœuvre dilatoire, qu’elles n’auraient pas été avisées de la succession d’avocats et que le « pauvre » policier victime supposé protéger les « braves » citoyens français devrait encore perdre une demi-journée de travail et solliciter l’accord de sa hiérarchie pour se présenter devant la Cour d’appel,... Ce à quoi Maître MISSAMOU rétorque avec brio dans le cadre de cet appel devant la Chambre correctionnelle qu’en vertu de l’article 6 de la convention Européenne des Droits De l’Homme, un procès se doit d’être équitable, que le débat contradictoire est de nature à participer à la manifestation de la vérité, que tant l’accusation que la Défense sont à armes égales et qu’à moins que la vérité ne soit écrite à l’avance par le Ministère public, les témoins cités doivent être entendus. Maître MISSAMOU n’oublie pas également de rappeler que Marcus a lui aussi payé un lourd tribut dans cette affaire puisqu’il a perdu son travail du fait de son incarcération et qu’il doit aussi solliciter un congé de son employeur pour assister aux audiences d’appel au risque de perdre l’emploi précaire qu’il a réussi à retrouver. Les juges se retirent pour délibérer sur les demandes de l’avocat et à leur retour annoncent que l’audience en appel est reportée au 23 janvier 2018 afin de permettre et l’audition des témoins sous réserve de leur assignation à comparaître par voie d’huissier. Les juges ont également accédé à la demande de visionnage du film qui a motivé le jugement défavorable à Marcus. Maître MISSAMOU avait en effet rappelé que les images et les vidéos[12] dont il dispose montrent au contraire que Marcus est inactif et neutralisé par les policiers ce qui rend difficilement crédibles le préjudice invoqué par ces derniers.
Mais avant de recueillir la sage décision des Juges, la salle aura toutefois assisté à une dernière manifestation de la toute puissance de l’avocate des parties civiles qui avant le prononcé du délibéré demandera avec arrogance au juge de confisquer tous les téléphones et autres appareils vidéo, prétendant que quelqu’un serait en train de filmer dans la salle. Quand bien même cela fut le cas, on ne peut que s’étonner d’une telle disproportion dans sa demande, elle qui refuse d’accéder aux requêtes légitimes de la Défense nécessaires à la manifestation de la vérité mais se met dans un état d’hystérie palpable dès qu’il s’agit d’empêcher la médiatisation de cette affaire. A croire qu’elle a bien quelque chose à craindre de ce côté-là…
Marcus sort donc libre du Tribunal mais comparaîtra de nouveau le mardi 23 janvier 2018 à 14H devant la Cour d’Appel de Versailles où nous vous attendons nombreux pour le soutenir. Celles et ceux qui voudraient témoigner en sa faveur sont invités à se rapprocher de lui ou de son comité de soutien :
N’oublions pas également que si Marcus a besoin de tout notre soutien militant sur le plan moral d'abord, nous sommes tous également invités à le soutenir financièrement, notamment pour ses frais de justice qui vont encore s’accroître avec l’assignation à comparaître des témoins. Selon Maître MISSAMOU, il faut prévoir 300€ par témoin. Nous vous invitons donc à continuer le pot commun mis en place dès sa mise en garde à vue dans cette affaire : https://www.lepotcommun.fr/pot/yvmb5mq2.



[1] C’est le surnom que Marcus porte dans la lutte anticolonialiste et panafricaine
[2] Tribunal de Versailles Cour d’Appel chambre correctionnelle 5, rue Carnot 78000 VERSAILLES + appel à venir soutenir Marcus : https://www.facebook.com/notes/lib%C3%A9rez-marcus/le-r%C3%A9cit/1605273889547485
[4] Maître Philippe MISSAMOU, l’avocat qui assiste Marcus en appel représente notamment certains parties civiles dans l’affaire des Disparus du Beach de 1999 : http://www.justiceinfo.net/fr/justice-reconciliation/27826-r%C3%A9publique-du-congo-un-espoir-en-france-pour-les-353-disparus-du-beach.html ; http://www.makaila.fr/2016/05/affaire-des-disparus-du-beach-debrazzaville-conference-de-presse-a-paris.html ;
[5] Voir les appels au soutien de Marcus lancés à l’époque : http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2016/06/liberezmarcus.html
[6] Interview de Marcus dans laquelle il relate les circonstances de son arrestation, des violences subies et de sa condamnation abracadabrantesque à 6 mois de prison : https://www.facebook.com/516149925110878/videos/1587126548013205/?hc_ref=ARQNObqoZXln_MRzCySWrl40z-X74CMaWa1EeR8__UYqEm3PrB0lJzsCHBwONDMxJAc&pnref=story
[7] Il s’agit du policier que l’on voit sur la capture d’écran de l’affiche ci-dessus accroupi sur lui et qui d’ailleurs était le seul présent physiquement et représenté par une avocate hystériquement conservatrice ce jeudi 21 septembre devant la Cour d’Appel
[9] Vidéo de la grande marche anticoloniale du 8 mai 2016 où l’on voit Marcus se faire gazer à bout portant à plusieurs reprises alors qu’il ne fait que s’exprimer verbalement devant les policiers : https://www.youtube.com/watch?v=_QjfEaDxVzQ
[11]Dossier sur l’accaparement des terres par Bolloré et les revendications des riverains des plantations  du groupe : https://nuitdebout.fr/wp-content/uploads/2016/06/2016_06_synthèse_situation_alliance_.pdf  ; Numéro spécial de complément d’enquêtes sur Vincent Bolloré : https://www.youtube.com/watch?v=xrdOdBP-EDw




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