SOUTIEN A MARCUS VICTIME DE VIOLENCES POLICIERES ET POURTANT CONDAMNE COMME L'AGRESSEUR !

Communiqué de presse sur l’affaire qui oppose Marcus au Ministère public

MA CIV·MARDI 19 SEPTEMBRE 2017
Mesdames, Messieurs,
Le comité de soutien en faveur de Marcus invite toutes les personnes éprises des droits de l’homme et des libertés à venir en grand nombre à l’audience devant la Cour d’Appel de Versailles ce jeudi 21 septembre 2017 à 14h.
En effet, Marcus a été victime d’un procès inéquitable au terme duquel il a été condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre qui a prononcé à son encontre le 7 juin 2016 les condamnations suivantes :
- 6 mois d’emprisonnement ferme
- Des dommages et intérêts de 1100 euros
- Une amende de 400 euros
Toutefois, Marcus qui conteste catégoriquement les faits constitutifs de violences physiques et verbales envers les policiers pour lesquels il a été condamné en première instance, a saisi Maitre Philippe Missamou, avocat à la Cour aux fins d’assurer sa défense pénale avec force et détermination devant la Cour d’appel de Versailles.
Ainsi, de nombreuses personnes ayant assisté au déroulement des faits qui lui sont reprochés ont accepté de témoigner à la barre afin de relater ce qui s’est vraiment passé ce jour du 3 juin 2016.
Dans ces conditions, nous vous donnons rendez-vous à 12h30 au château de Versailles (pour s'y rendre prendre le RER C direction Versailles château rive gauche) pour cheminer ensemble vers le tribunal où le procès est prévu à 14h.
Un pot commun a été mis en place pour soutenir Marcus financièrement pour faire face aux divers frais de justice. Voici le lien :
https://www.lepotcommun.fr/pot/yvmb5mq2
Merci d'avance à toutes les personnes qui ont déjà manifesté leur solidarité et qui la manifesteront encore ce jour-là en venant à Versailles ou d'une manière ou d'une autre.
Le comité de soutien de Marcus

Le jeudi 21 septembre, notre camarade Marcus militant panafricain et défenseurs des droits humains passera en procès à la cour d'appel de Versailles et sera représenté par son avocat Maitre Philippe Missamou. Suite à une arrestation lors d'une action collective contre le groupe Bolloré et son implantation coloniale en Afrique, il a été condamné à 6 mois de prison ferme et à verser 1100 euros de dommages et intérêts et à une amende de 400 en première instance pour outrage et rébellion et refus de signalétique et de prélèvement ADN.
A quelques jours de ce rendez-vous, nous nous permettons un petit rappel des faits et du déroulé d'un enfermement de 5 jours au terme duquel Marcus a perdu son travail. Il a en effet décidé de faire appel de cette décision de justice inique.
Au printemps 2016, pendant les mobilisations contre la loi travail et Nuit Debout, s'organise un blocage de l'Assemblée Générale des actionnaires du groupe Bolloré.
Les organisateurs de l'action contactent divers militants, dont Marcus, pour bloquer l'accès au lieu où se tient l’Assemblée Générale et d'expliquer aux actionnaires les méfaits du groupe sur les populations en Afrique.
Au matin du vendredi 3 juin, la tour Bolloré à Puteaux est bloquée par une centaine de personnes. Alors que l'accès principal est bloqué, les organisateurs de l'action demandent à quelques personnes, dont Marcus de se positionner devant un autre accès sur le côté de la tour.
Un petit groupe se sépare du gros du rassemblement et se met devant cette porte latéral où plusieurs discussions parfaitement calmes s'engagent avec des actionnaires. Malheureusement, lorsque le groupe principal décide de partir, il oublie d'aller en informer ces quelques camarades qui de fait se retrouvent isolés et ciblés par des policiers qui leur intiment l'ordre de quitter les lieux.
Se faisant brutalement interrompre alors qu'il est en pleine conversation avec un actionnaire, Marcus fait remarquer qu'il veut juste finir sa conversation et l'actionnaire en question abonde en ce sens. Cette élémentaire remarque de savoir-vivre est malheureusement prise comme un outrage et très vite plusieurs policiers se dirigent sur Marcus et son interlocuteur. L'un d'eux frappe violemment Marcus au visage, manquant de lui faire tomber ses lunettes.
Le petit groupe oublié à la porte latérale comprend à ce moment-là que les autres manifestants ont quitté les lieux et Marcus qui avait laissé ses affaires, notamment un mégaphone et un micro, aperçoit au loin un militant qui est en train de partir. Désireux de récupérer son matériel, il part dans sa direction, laissant sur place les quelques camarades avec lesquels il bloquait la porte annexe. Comme quatre policiers le suivent, Marcus s'arrête et les policiers lui disent qu'il est placé en garde-à-vue.
Ne voulant pas être arrêté sans que personne ne le sache, Marcus part en courant pour essayer de rattraper le groupe principal, puis ne le voyant pas, il retourne vers la porte latérale où se trouvaient encore les 3-4 camarades « oubliés ». Là, plusieurs policiers lui sautent dessus, l'insultent, le gazent, cassent ses lunettes et son téléphone. Comme 6 policiers sont sur lui, leur chef vient les voir et leur dit « Allez-y doucement car là nous sommes à découvert ».
Alors qu'il est à terre, face contre le sol et menotté dans le dos, 3 policiers sont assis sur lui. Cela dure longtemps, Marcus n'arrive plus à respirer (d'autant qu'il a été gazé) et sent son cœur qui s'emballe. On sait que de tels gestes sont responsables de la mort de plusieurs personnes. Lamine Dieng et Adama Traoré pour ne citer que quelques exemples, en ont été victimes. On voit à quel point ces pratiques policières entrainant la mort sont courantes.
En garde-à-vue, Marcus choisit conformément à son droit d'exercer son droit au silence car son avocat qu’il a réclamé n'est pas là. Il refuse de donner son ADN, ne voyant même pas pourquoi il est là, et ne donne pas son accord pour la signalétique vu que ces éléments sont déjà en possession et à disposition de la police.
Ensuite alors qu'il demande à aller voir le médecin pour faire constater ses coups et blessures, celui-ci dit qu'il n'est pas là pour ça mais pour valider la compatibilité avec la garde-à-vue. Marcus insiste beaucoup auprès de l'OPJ (officier de police judiciaire) et lors de la seconde visite médicale, pour le renouvellement de la garde-à-vue. Le médecin consent alors 1 jour d'ITT après avoir négocié et s'être arrangé sur cette base minimaliste avec l'OPJ.
Lors de la première nuit de garde à vue, un fait notable survient : après un changement d'équipe Marcus va aux toilettes et un policier veut alors l'obliger à réintégrer sa cellule en enlevant ses chaussures. Marcus refuse car le lieu est très sale, qu'il n'a plus de lacets et que cela fait plus de dix heures que le port de ses chaussures en cellule ne semble pas poser de problème. Là un policier le menace physiquement et lui fait comprendre qu'il trouve dommage que les cellules soient équipées de caméras.
Après 48 heures de garde-à-vue et d'exercice du droit au silence, Marcus est déféré au dépôt où il reste environ 24 heures…. Juste le temps de comparaître devant un juge des libertés et de la détention qui l'envoie directement à la prison de Nanterre.
À la prison de Nanterre, rebelote, l'administration demande à Marcus de donner ses empreintes et de se laisser prendre en photo. Face à son refus on lui envoie une dizaine de surveillants pénitentiaires décidés à en découdre. Ne souhaitant pas finir ses jours avec des côtes cassées et une hémorragie interne à agoniser dans une cellule, Marcus obtempérera.
Après quelques heures dites « d'intégration dans la prison », on lui propose de rencontrer le directeur de la maison d’arrêt de Nanterre qui l'accueillera avec ces mots : « Monsieur, je sens qu'on va avoir de sérieux problèmes avec vous. »
Marcus est passé en comparution immédiate au Tribunal de Grande Instance de Nanterre le 7 juin 2016. Ce jour-là une manifestation pacifique de soutien devant le tribunal s’est tenue, mais beaucoup des personnes venues en solidarité n'ont pas pu entrer dans la salle d’audience.
Devant le juge, un policier a raconté sa version des faits en présentant 6 jours d'ITT. Un autre a raconté que Marcus lui avait donné 5 coups de pieds dans le dos alors qu'il était menotté face contre terre en train d'étouffer avec leur poids sur le dos.
Le procureur demande 3 mois ferme prétextant une récidive pour outrage et rébellion, le juge lui en donne 6. Il assortit les six mois ferme de 400 euros d'amende et de 1100 euros de dommages et intérêts. Plusieurs fois, tout au long du procès, le juge parle des agressions que subissent les policiers dans les manifestations contre la loi travail et qu'on ne peut pas laisser passer ça.
Il reproche également à Marcus de ne pas avoir fait appel de précédentes condamnations pour outrage et rébellion, en déduisant que le fait de ne pas faire appel induisait qu'il reconnaissait sa culpabilité.
Sorti à 18 heures du tribunal, Marcus ne quitte finalement la prison qu'à 23 heures.
Un an et demi après cette mésaventure, notre camarade Marcus passe donc en appel le 21 septembre devant la cour d'appel de Versailles.
Un RDV est donné à 12h30 au château de Versailles (pour s'y rendre prendre le RER C direction Versailles château rive gauche) pour aller en manifestation pacifique au tribunal où le procès est prévu à 14h.
Ce genre de mésaventure occasionnant en outre de nombreux frais de justice et d'avocat, un soutien financier est organisé sur le site pot commun :
Merci d'avance à toutes les personnes qui ont déjà manifesté leur solidarité et qui la manifesteront encore ce jour-là en venant à Versailles ou d'une manière ou d'une autre.
Un message de solidarité également à d’autres camarades militants qui passeront en procès ce même jour, le 21 septembre, au Tribunal de Grande Instance de Paris, que ce soit pour leur soutien aux réfugiés ou pour leurs luttes contre l'exploitation et les violences policières et leur implication dans les luttes sociales et dans le mouvement contre la loi travail.
Nous demandons la Relaxe pour Marcus et pour tous les militants que l’on cherche à criminaliser pour leur lutte à défendre le juste.
LIEN VERS DES ARTICLES CONSACRES A CETTE ARRESTATION ET CETTE CONDAMNATION AUSSI INJUSTES QUE POLITIQUES :
http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2016/06/liberezmarcus.html


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