Réflexions autour de la situation en Gambie

Merci à Kemi Seba pour ses contributions toujours promptes à nous réinterroger sur l'enjeu de nos combats pour le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. On peut ne pas être d'accord sur tout, mais une chose est sûre, ce ne sont certainement pas Adama BARROW ni Fatou BENSOUDA deux pantins des riches multinationales qui nous asservissent qui permettront au peuple gambien d'échapper à la prédation néocoloniale... Ces deux là comme tant d'autres illustrent à merveille la célèbre mise en garde de Malcom X : "Si vous n'êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment». S'il est légitime de critiquer le bilan de Yahya JAMMEH, n'oublions-pas ce sont les mêmes criminels occidentaux qui ont soutenu les assassins de SANKARA, LUMUMBA, OLYMPIO, KEITA, DULCIE SEPTEMBER, UM NYOBE, NGOUABI, GEVARA, ALLIENDE, et surtout sont responsable des centaines de millions de morts des deux premières guerres mondiales et de toutes leurs déclinaisons régionales : guerres d'Indochine, du Vietnam, d'Algérie, d'Afghanistan, d'Irak, de Libye, de Côte d'Ivoire, de Syrie, de RDC,... qui sont aujourd'hui derrière Adama BARROW et sa fumiste Cour Prédatrice Impérialiste représentée par la très corrompue Fatou BENSOUDA.
Kemi Seba
ADAMA BARROW, FATOU BENSOUDA, ET NOUS AUTRES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE AFRICAINE
Kemi Seba:"Le premier responsable de l'impasse politique qui se déroule actuellement en GAMBIE s'appelle monsieur BARROW.
Quand un despote (car Jammeh l'est, nul ne sert de le nier) accepte pacifiquement de quitter le pouvoir (alors qu'il avait toutes les armes en mains pour le garder), après 22 ans, , se déclare même prêt à accompagner le futur président, et que ce dernier, trop content de sa victoire appelle ses sponsors OCCIDENTAUX et déclare qu'il va rejoindre la CPI (retour à l'esclavage juridique) et retourner dans le COMMONWEALTH (retour à la PLANTATION POLITIQUE), que pensez vous que JAMMEH va faire? Échanger son boubou contre une tenue de prisonnier et se faire juger par la MARIONNETTE DE LA CPI nommée FATOU BENSOUDA? Sommes nous si naïfs??
Le drame de l'Afrique n'est pas seulement nos autocrates qui ne veulent pas lâcher le pouvoir. Le plus grand drame est que nous ne sommes pas capables de trouver mieux comme opposants que des candidats prêts à BRADER auprès de l'Occident nos pays pour sortir d'une dérive autoritaire mené par un frère.
Nous sommes les premiers responsables de nos malheurs.
Ni les vautours d'Occident, ni les autocrates égoistes et rapaces de nos pays d'Afrique, ne sont plus responsables que nous mêmes, la masse africaine, de notre propre turpitude. A chaque élection, le même dilemme, le même choix entre un despote radical (parfois soutenu par l'Occident, parfois combattu) et un candidat africain appelé démocrate soutenu à 100% par les puissances occidentales.
Que voulons nous? Un dirigeant qui respecte le peuple et qui refuse l'impérialisme de l'Occident? Même quand nous en avons eu (Thomas Sankara entre autres) comment les avons nous traité de leurs vivants? N'est ce pas Sankara qui peu de temps avant sa mort se déclarait triste car incompris par son propre peuple? Quid de Patrice Lumumba? Aujourd'hui on aime tous Sankara (maintenant qu'il est mort) mais de son vivant combien le disaient trop autoritaire (je ne le compare à AUCUN AUTOCRATE que l'on voit aujourd'hui sur la scène africaine, soyons clairs) ?
Ce que je souhaite exprimer ici, c'est que la masse africaine doit hausser son niveau d'excellence, et aussi son exigence d'autocritique. Si un dirigeant ne nous convient pas, assurons nous que le candidat qu'on va lui opposer ne sera pas le jouet des ennemis de l'intérêt de l'Afrique. Sinon nous mériterons plus que quiconque, notre esclavage économique.
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Christine Tibala
La volteface de Yahya JAMMEH qui conteste la régularité des élections 1 semaine après avoir reconnu sa défaite n'augure rien de bon. S'il estime que le processus électoral et les résultats ont été biaisés, il n'a qu'à saisir les instances prévues à cet effet comme l'a fait le Président Laurent GBAGBO en son temps. S'il décide de recourir à la force pour contester la régularité des élections qui ont abouti à la reconnaissance de la victoire de son adversaire, alors là il se placera définitivement dans le camp des ceux qui comme OUATTARA ne connaissent que la violence comme mode d'accès et de maintien au pouvoir aux antipodes du message de Laurent GBAGBO pour qui "la démocratie, c'est le respect des constitutions que l'on s'est données et des lois qui en découlent" comme il n'a jamais cessé de le proclamer qu'il fut au pouvoir comme lors de sa 1ère déclaration du mardi 21 décembre 2010 (http://atelier.rfi.fr/profiles/blogs/lintegralite-de-la-premiere?context=tag-rti) ou déporté à LA HAYE (http://regardscroises.ivoire-blog.com/archive/2013/03/02/8eme-et-dernier-jour-de-l-audience-gbagbo-madame-la-juge-je.html)
Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.


Le vendredi 3 décembre 2010, le Conseil constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire a proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Ces résultats sont connus de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

J’ai remporté le scrutin, avec 51, 45 % des suffrages. Je suis le Président de la République de Côte d’Ivoire.
Je remercie les Ivoiriens de m’avoir renouvelé leur confiance.

Conformément à l’article 39 de la Constitution, j’ai prêté serment, devant le Conseil constitutionnel réuni en audience solennelle au Palais de la Présidence de la République, le samedi 4 décembre 2010.
Le lundi 6 décembre, j’ai nommé un premier ministre et le premier conseil des ministres du nouveau mandat s’est tenu au Palais présidentiel le mardi 7 décembre 2010.

Le pays s’est aussitôt remis complètement au travail. Les mesures de sécurité, en vigueur durant le scrutin, sont levées ou allégées, dès le lundi. Les frontières sont rouvertes et les horaires du couvre-feu aménagés. L’Etat fonctionne. L’économie est en route.

Durant tout ce processus, je m’en suis tenu, scrupuleusement, aux règles établies par notre Constitution. Et les Ivoiriens, dans leur immense majorité, ont choisi de suivre la voie de la légalité républicaine qui garantit le fonctionnement démocratique des Institutions.

Je remercie les Ivoiriens pour leur attachement à notre patrie et aux Institutions de la République.
Les troubles que l’on observe aujourd’hui, en Côte d’Ivoire sont nés du refus de mon adversaire de se soumettre aux lois, règlements et procédures en vigueur dans notre pays.

Je tiens donc pour responsables des tueries, des incendies et des pillages, perpétrés au cours de la marche insurrectionnelle du Rhdp le 16 décembre 2010, ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur, ont décidé d’agir contre les lois ivoiriennes. Ils nous font la guerre, non pas parce que nous aurions empêché l’expression démocratique des Ivoiriens, mais parce qu’ils renient au peuple ivoirien son droit souverain de choisir lui-même ses dirigeants, de respecter les Institutions qu’il s’est donné et de vivre dans un pays libre.

Selon les lois ivoiriennes, en effet, la Commission électorale indépendante (Cei), organise les élections et en proclame les résultats provisoires. Il revient au Conseil constitutionnel, et à lui seul, de proclamer les résultats définitifs.

L’article 59 alinéa 2 du code électoral stipule que la Commission électorale indépendante « procède aux opérations de collecte et à la proclamation des résultats provisoires, au niveau national et en présence des représentants des candidats».

Dans une note circulaire en date du 13 novembre 2010, la Cei elle-même, a indiqué que cette «proclamation des résultats globaux par le Président de la Cei se fait en séance publique en présence des Commissaires centraux».

Au lieu de cela, à quoi avons-nous assisté ? Le jeudi 2 décembre 2010, Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Cei, se retrouve, contre toute attente, à l’Hôtel du Golf, Quartier général de campagne de mon adversaire. Là-bas, seul, sans les commissaires centraux ni les représentants des candidats, il a proclamé des résultats de l’élection présidentielle en violation de toutes les dispositions légales et réglementaires régissant la Cei.

Il est évident que ces résultats sont nuls et de nul effet. Et c’est en se fondant sur ces résultats que la communauté internationale déclare la guerre à la Côte d’Ivoire. Cela n’est pas acceptable et cela ne sera pas accepté.

La vérité, c’est qu’à la fin du deuxième tour de l’élection présidentielle, la Cei n’a pas été capable de proclamer les résultats provisoires dans les délais prescrits par la loi, soit 72 heures après la clôture du scrutin. Elle a plutôt donné au monde entier, le spectacle affligeant d’une Institution bloquée par ses contradictions internes, étant composée de représentants des partis politiques et de la rébellion armée.

La Cei a failli. Il revenait au Conseil constitutionnel de se saisir du dossier. Ce qu’il a fait.

Je rappelle que la Commission électorale indépendante (Cei) est une autorité administrative tandis que le Conseil constitutionnel est la plus haute juridiction de la Côte d’Ivoire. Les deux Institutions ne sont pas comparables et il est illégitime de les comparer. Leurs décisions sont de natures différentes. Elles n’ont pas les mêmes fondements, ni la même portée.

Aux termes de l’article 2 du code électoral, les missions de la Cei sont d’assurer notamment :
La garantie sur toute l’étendue du territoire national et à tous les électeurs, du droit et de la liberté de vote;

Le contrôle de la régularité du déroulement des opérations de vote, de dépouillement des bulletins de vote et de recensement des suffrages;

La collecte des Procès-verbaux des opérations de vote et la centralisation des résultats ;

La proclamation provisoire ou définitive des résultats de toutes les élections à l’exception de l’élection présidentielle et du referendum pour lesquels la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel.

Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.

L’élection du 28 novembre 2010 est bien une élection présidentielle. Il fallait attendre la décision du Conseil constitutionnel pour connaître les résultats définitifs et le nom du vainqueur. J’ai attendu que le droit soit dit.

Les troubles qui endeuillent aujourd’hui mon pays font suite aux déclarations tendant à faire croire que la qualité de Président de la République de Côte d’Ivoire peut échoir à une personne autre que celle qui est proclamée élue par le conseil constitutionnel.

Le bilan de ces troubles est lourd: Pour la seule journée du jeudi 16 décembre 2010, nous avons enregistré 20 morts dont 10 membres des forces de l’ordre, tués par balles.

Je salue la mémoire de nos hommes, nos Forces de Défense et de Sécurité, tombés au champ d’honneur. Je salue la mémoire de toutes les personnes mortes au cours de ces journées de folie. Elles sont nos martyrs, les martyrs de la République. Elles sont mortes pour défendre la Constitution ivoirienne et les institutions qui l’incarnent.

Je souhaite prompt rétablissement à tous ceux et à toutes celles qui sont blessés. Je souhaite du courage à ceux, et ils sont nombreux, qui ont vu leurs maisons pillées et incendiées.

On veut nous terroriser mais il ne faut pas croire que les légalistes vont le céder à ceux qui ont pris la voie de l’illégalité. Ceux qui respectent la constitution et donnent leur vie pour la défendre ne vont pas le céder à ceux qui veulent saper les fondements de la République et de la démocratie.

Mes positions sur la conquête et l’exercice du pouvoir sont connues. Pour moi, il ne faut pas vouloir le pouvoir pour le pouvoir. On veut le pouvoir pour servir le peuple. Le pouvoir ne peut pas servir de moyen pour faire souffrir le peuple. Je ne veux plus que le sang soit versé. Je ne veux plus de guerre. Je ne veux pas que le sang d’un seul ivoirien soit versé. Je ne veux pas d’une guerre en Côte d’Ivoire qui peut s’étendre aux pays voisins ou les affaiblir.

Je suis donc prêt, dans le respect de la constitution, des lois ivoiriennes et des procédures que nous nous sommes librement données, à accueillir un comité d’évaluation sur la crise post- électorale en Côte d’ivoire. Ce Comité, dirigé par un représentant de l’Union Africaine, et comprenant des représentants de la Cedeao, de l’Uemoa, de la Ligue Arabe, des Nations Unies, des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de la Russie et de la Chine, aura pour mission d‘analyser objectivement les faits et le processus électoral, pour un règlement pacifique de la crise.

Ce Comité devra également comprendre des Ivoiriens de bonne volonté.

Je lance un appel à toutes les personnalités qui se trouvent encore à l’hôtel du Golf de regagner leurs domiciles. Personne ne les a contraints à se réfugier dans cet hôtel. Personne ne les empêchera d’en sortir. Elles sont libres de leurs mouvements.

J’appelle les Ivoiriens à la retenue. Nous avons demandé le départ de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) et des forces françaises qui la soutiennent. Notre démarche s’est faite par la voie diplomatique. C’est par la voie diplomatique que nous entendons obtenir satisfaction sur cette exigence capitale, pour notre souveraineté.

Je demande aux jeunes de rester calmes. L’Onuci et les Forces françaises partiront de Côte d’Ivoire mais nous ne voulons pas de morts inutiles. Nous avons encore tous en mémoire les douloureux souvenirs des événements de novembre 2004.

Aujourd’hui en 2010, comme hier en 2002, 2003, 2004, 2007, je tends la main du dialogue. Je tends la main à l’opposition, à Monsieur Ouattara, comme à la rébellion armée qui le soutient.

J’ai confiance en notre capacité à construire une nation dans la paix, la démocratie et la prospérité. Quittons le chemin de la guerre. Reprenons notre marche vers le progrès dans la paix.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire!
Que Dieu bénisse les Ivoiriens !
Que Dieu bénisse l’Afrique !

Je vous remercie.

Quand un "dictateur" africain donne une leçon aux "démocrates" occidentaux !

Je ne connais pas suffisamment l'histoire de la GAMBIE pour pouvoir apprécier les 22 ans au pouvoir de Yahya JAMMEH que l'on ne cesse de présenter comme un dictateur sanguinaire, mais je salue néanmoins la leçon de démocratie qu'il vient d'asséner au monde entier en reconnaissant immédiatement sa défaite et en se mettant au service du nouveau président gambien. Sa capacité à réagir en homme de conviction au service de la démocratie plutôt qu'au service de ses seuls intérêts n'est pas sans nous rappeler qu'il est un des rares si ce n'est le seul président africain à avoir officiellement refusé de reconnaître OUATTARA comme le Président de la CÔTE D'IVOIRE quand tous ses pairs africains s'empressaient de faire allégeance à ce dernier et à ses commanditaires occidentaux après son installation par la force et dans le sang à la tête de la Côte d'Ivoire par l'armée franco-onusienne le 11 avril 2011. Ils n'étaient pas nombreux les dirigeants africains à continuer de soutenir le Président Laurent GBAGBO après sa chute et sa détention illégitime et douloureuse à KORHOGO avant sa déportation à LA HAYE ! Si Yahya JAMMEH est bien le dictateur sanguinaire qui a du sang sur les mains que les médias dénoncent, où sont la liste de ses victimes et les procédures à son encontre des ONG bienpensantes telles la FIDH, HRW et Amnesty International toujours promptes à se ranger du côté des bienpensants occidentaux au détriment de la vérité factuelle en Côte d'Ivoire notamment ?

Lien vers un article sur la reconnaissance immédiate de sa défaite qui tient sans doute à l'existence d'institutions réellement démocratiques en Gambie et non manipulées de l'extérieur :
http://guineenews.org/presidentielle-en-gambie-jammeh-a-lepreuve-de-la-democratie-donne-une-lecon-a-ses-detracteurs-de-notre-envoye-special
« J'ai toujours dit que le jour où le peuple gambien ne voudra plus de moi, je m'en irai. Les urnes ont parlé et je dois admettre que j'ai perdu ces élections. Étant croyant, je m'en remets à la volonté de Dieu. Je félicite le vainqueur et remercie le peuple gambien pour les 22 ans passées à la tête du pays… »
Dans un pays où l'on s'imagine tous les fantasmes d'un dictateur. Est ce possible de croire à la réalité des urnes pour faire partir le Fama (le Souverain ou roi en pays manding, nrdl), craint de tous ses sujets? Oui, le président Yahya Jammeh l'a fait. Il a écouté la voix des urnes et face à laquelle il s’est plié sans rechigner.
 

Un jeudi pas comme les autres parce qu’historique…
banjul-gambieIls sont 886 576  électeurs à se rendre aux urnes le jeudi 1er décembre 2016 en Gambie.
À 8h00 déjà, les 1422 bureaux sont pris d'assaut à l'image du bureau de vote de School Sukuta Lower Basic, dans la grande banlieue sud-est de Banjul. Les longues files d'attente donnent l'impression d'une Gambie démocratique dont l'issue des urnes est incertaine.
Mais dans la sérénité, les habitants de Sukuta s'acquittent de leur devoir de citoyen comme s'ils renvoyaient à jamais aux archives de l’histoire cette image de  "Gambie du dictateur" qui collait encore à leur pays et à leur corps défendant.
Dans le nord de Banjul avec ses 7101 électeurs, le bureau de vote numéro 10206-1 du 22 jully Square, non loin du siège de la Présidence de la République, militaires et civils se confondent dans une longue file d'attente. Une discipline exemplaire.
yayah-jammehAux environs de 11h30, le Président Yahya Jammeh et son épouse Zeinab Jammeh arrivent avec un cortège gigantesque. Leur vote est bref et il lâche dans les micros des journalistes cette phrase : <>.
Son adversaire Adama Barrow, lui, vote et à l’antipode du président candidat Jammaeh, dans la plus grande sobriété au Nord de la capitale Banjul. Les opérations de vote continuent comme rien n’était après son passage.
 
La Gambie coupée du monde
Inédit !  Une journée de vote durant laquelle la Gambie est coupée du reste du monde. Sans internet, toutes communications téléphoniques à l'international sont restées systématiquement bloquées.

"Ce n'est pas possible! Il ne fallait pas nous accorder des accréditations", se lâche un journaliste d'une agence de presse présent à l'occasion.
Cet acte de l’Etat gambien fait peur. Comment expliquer cet isolement total du pays ? Est-ce les prémisses d'un coup de force ou de fraudes qui se dessinent ? Rien de tout cela, nous confie un membre très influent du régime Jammeh.
<>, soutient notre interlocuteur. 

L'heure de la vérité…
gambieÀ 18h00, les bureaux de vote ferment conformément au code électoral.
Débute le dépouillement très bref. Au bout d'une heure d'horloge, les résultats étaient connus dans les différents bureaux de vote de la capitale et ses environs. La sérénité règne dans les deux camps.

À la commission électorale indépendante, les représentants des candidats affichent une confiance absolue concernant la transparence du scrutin. Interrogé par la presse, le représentant du candidat d'Adama Barrow au sein de Independent Electoral Commission (IEC) répond avec sourire : << Si Yahya Jammeh gagne, mon candidat l'appellera pour le féliciter. Je suis convaincu que si Yahya Jammeh perd, il le fera également. >> Des propos qui étonnent la presse internationale présente dans la salle,  personne ne s'imagine une défaite de Jammeh.
Aux environs de 22 heures, les premiers résultats sont lus par le président de la commission électorale (IEC). Les premières tendances donnent gagnant Adama Barrow, il rafle la victoire à Yahya Jammeh dans la capitale Banjul. Au milieu de la nuit, les résultats sont connus du président Yahya Jammeh
Aussitôt, il prend son phone et appelle le premier le président de la commission électorale au petit matin pour reconnaître sa défaite. Un acte qui facilite le travail de proclamation des résultats aux environs de 12 heures dans cette journée du vendredi 2 décembre.
gambiaCeux-ci à peine annoncés, le président Yahya Jammeh prend tout le monde de court en appelant son adversaire pour le féliciter. Le pays tombe dans une liesse totale. Une fois encore, les civils se confondent aux militaires.
À 14 heures, une adresse à la nation de Yahya Jammeh est annoncée. Les plus pessimistes s'attendent au pire. Mais devant leur télévision, les Gambiens découvrent à 20 heures un Yahya Jammeh très détendu.
Il revient d'abord sur ses promesses faites à la nation gambienne.
"J'ai toujours dit que le jour où le peuple gambien ne voudra plus de moi, je m'en irai. Les urnes ont parlé et je dois admettre que j'ai perdu ces élections. Étant croyant, je m'en remets à la volonté de Dieu. Je félicite le vainqueur et remercie le peuple gambien pour les 22 ans passées à la tête du pays… >>
adama-barrowAprès cette brève intervention, une autre image est diffusée à la télévision nationale. On découvre Yahya entouré par les membres de la coalition. Téléphone en main, il joint son adversaire victorieux, Adama Barrow. Alors s'engage une conversation fraternelle entre les deux hommes. Il rassure son adversaire et lui fait part de sa totale disponibilité au besoin. Il insiste également sur la sécurité et la stabilité du pays en guise de conseil au futur président. Yahya Jammeh surprend et rentre dans l'histoire par la grande porte…

Bangaly Touré envoyé spécial de Guinéenews à Banjul

Cet article est à mettre en lien avec le refus de Yahya JAMMEH de reconnaître OUATTARA en avril 2011 : http://www.cameroonvoice.com/news/news.rcv?id=3567

16/04/2011 21:23:33
La Gambie ne reconnaît pas Ouattara comme « Président de côte d'Ivoire »
BANJUL – Le gouvernement  gambien a annoncé samedi dans un communiqué qu'il ne reconnaissait pas Alassane Ouattara comme Président de la Côte d'Ivoire, malgré la capture lundi par les forces françaises du Président Laurent Gbagbo qui le remettront aux forces de son rival.
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BANJUL – Le gouvernement  gambien a annoncé samedi dans un communiqué qu'il ne reconnaissait pas Alassane Ouattara comme Président de la Côte d'Ivoire, malgré la capture lundi par les forces françaises du Président Laurent Gbagbo qui le remettront aux forces de son rival.
La Gambie, selon le communiqué, se refuse à reconnaître tout «président, le président Ouattara inclus, ni gouvernement africain qui aura été imposé par des forces extérieures au continent africain, peu en importe la raison ».
Pour le Président Yahya Jammeh, Le Président Laurent Gbagbo reste « le président légitime de la Côte d'Ivoire selon la constitution». Aussi estime-t-il qu' « il ne peut pas être jugé alors qu'Alassane Ouattara, le président ivoirien choisi par la communauté internationale, est resté impuni après avoir massacré des milliers de civils, seulement pour être président ».
« Il est aujourd'hui très clair, relève la Gambie, pour tous les Africains que le complot pour recoloniser l'Afrique est bien réel, et que nous devons nous y opposer ». Le gouvernement gambien qui craint «une guerre civile en Côte d'Ivoire » après la capture du Président légitime, souhaite l'organisation d' « une nouvelle élection le plus rapidement possible ».
La Gambie devient ainsi le premier pays africain à s'opposer officiellement à l'intervention armée des forces françaises et de l'ONUCI, aux côtés des rebelles de Ouattara pour l'imposer à la tête du pays. Le Président Russe avait déjà critiqué l'intervention de l'ONU en Côte d'Ivoire, exigeant « des explications ».
Le contentieux électoral né du scrutin du 28 novembre s'est transformé en une guerre avec l'ingérence armée de la France et de l'ONU (Organisation des Nations Unies) qui soutenaient Alassane Ouattara.
Le Président Laurent Gbagbo, a été reconnu et investi Président par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs  en Côte d'Ivoire alors qu'Alassane Ouattara, se fonde lui sur une certification « controversée et précipitée » du représentant de l'ONU à Abidjan.

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