TIBALA

Chers amis de la liberté et de la souveraineté des peuples, La démocratie ne s'impose ni par la force, ni de l'étranger pas plus qu'elle ne s'achète ! Elle se construit pas à pas dans le respect des peuples et de leurs institutions souveraines. Mais courage, résistons et soutenons le souverainiste Laurent GBAGBO car son combat, c'est aussi le nôtre, celui de tous les citoyens libres et égaux en droit. Après avoir armé, formé, financé, renseigné et protégé les rebelles de OUATTARA depuis 2002, la France a imposé son poulain à la tête de la Côte d'Ivoire pour garder la mainmise sur les richesses de ce pays (pétrole, cacao, café,...). Elle participe activement à l'épuration ethnico-politique qui se poursuit dans l'indifférence coupable tant de la Communauté Internationale que des média et des partis de gouvernement.

mercredi 12 août 2015

LA CRISE AU FPI, UN AN APRES PAR AMBROISE GNAHOUA*


*Représentant du FPI au Sénégal, en Mauritanie, en Gambie et au Cap-Vert

"Aujourd'hui, nous sommes dans la deuxième semaine du mois d'août 2015. Il y a un an, je séjournais à Abidjan où j'étais arrivé environ un mois après le déclenchement de la crise au FPI. J'ai alors passé plusieurs jours à échanger avec les principaux protagonistes de cette crise pour comprendre, apprécier et me faire une opinion, par moi-même, en ma qualité de militant et de cadre du parti. C'est cette opinion personnelle que j'exprime depuis septembre 2014.

Aujourd'hui, un an après, je me suis interrogé sur l'état des lieux après tous ces débats que nous avons eu. Pour moi, il se résume en deux points: d'une part, le double échec de la ligne collaborationniste qui a accouché d'une candidature fantoche de Pascal AFFI NGUESSAN à l'élection présidentielle (I) et, d'autre part, Laurent GBAGBO qui es plus que jamais au centre du jeu politique ivoirien (II).

I - LE DOUBLE ECHEC DE PASCAL AFFI NGUESSAN


Il y a eu un échec démocratique et ensuite un échec de la dictature.

A - l'échec démocratique

Tout le monde se souvient que cette crise est née de la décision prise le 4 juillet 2014 par Pascal AFFI N'GUESSAN pour réaménager profondément le Secrétariat Général ; laquelle décision a été déclarée « en tous points, non conforme aux textes et à la pratique en vigueur au sein du parti » par le Comité de contrôle. Il comptait ainsi modifier artificiellement un rapport de force interne, largement défavorable relativement à sa volonté d'opérer une rupture idéologique, reléguant Laurent GBAGBO au rang de vestige à oublier et à abandonner à son sort à La Haye. Las !!! Il a dû revoir sa copie sous la bronca générale et en particulier celle du comité de médiation. C'était le début du premier échec de Pascal AFFI NGUESSAN qui se poursuivra par sa défaite devant le comité central du parti, en particulier sur l'attitude à observer face aux élections et, donc, à la CEI. 
Il confessera lui-même, lors de sa désormais historique conférence de presse du 9 décembre 2014, pour justifier son triple recours à la justice ivoirienne: "j'ai échoué à convaincre les camarades....". Face à cet échec cuisant, surtout pour un président en exercice depuis 13 ans, contre toute attente démocratique, il choisit, ni de s'aligner, ni de se démettre. Il décide au contraire de vaincre le parti, avec l'aide du gouvernement et de la justice.

B - l'échec des moyens de la dictature

Dès ce constat d'échec, s'engage une période où l'objectif affiché est de vaincre et d'écraser les adversaires, avec une collusion évidente avec le gouvernement. Tout y passe: prise en otage des organes du parti, tracasseries, menaces, emprisonnements, condamnations ciblées, tentatives de retournement de certains adversaires et cadres. Le résultat attendu était que, cernés de toutes parts, sans parti (légal), sans possibilité de se réunir ou d'organiser des manifestations, sans moyens pour continuer de se réclamer de GBAGBO et de le réclamer, ses adversaires viendraient, "la queue entre les pattes et toute honte bue", se prosterner devant lui et solliciter sa clémence afin qu'il permette, dans sa grande magnanimité, "leur retour à la maison". Ici encore, Affi a échoué à vaincre la ligne souverainiste du FPI. 
En effet, non seulement le FPI a continué de fonctionner comme tel (CCE du 5 mars 2015, Congrès de Mama, renouvellement de ses organes, adhésion à la CNC, prises de positions sur les évènements de la vie politique, etc), mais aucun des cadres qui se sont opposés à Affi depuis le début n'a retourné sa veste. Bien au contraire, le mouvement s'est fait dans l'autre sens. L'un des cas les plus emblématique est celui de Franck Anderson Kouassi, précédemment responsable de sa communication.
Face à cette situation, il ne restait plus à Jeune Afrique, que prsonne ne peut soupçonner d'accointances avec Gbagbo, à acter ce double échec en décernant à Affi le titre de "l'homme qui voulait tourner la page GBAGBO". C'est cet homme qui est candidat aux élections présidentielles, en affirmant l'être au nom du FPI.

C - Une candidature fantoche

Il est évident que l'objectif initial de cette candidature était de faire participer aux élections un FPI sinon convaincu, du moins vaincu et ayant tourné la page GBAGBO. Dès lors, ayant échoué à convaincre et à vaincre le FPI pour l'amener à tourner la page GBAGBO, la candidature de Pascal AFFI NGUESSAN à la présidence de la République apparaît fantoche et sans valeur ni saveur. J'ai de l'admiration pour ses partisans qui affirment qu'il va balayer Ouattara aux urnes. Wait and see.
Savent-ils seulement que ce monsieur:
* n'a jamais gagné une élection concurrentielle à scrutin uninominal, y compris au sein du parti, préférant les scrutins où il est candidat unique;
* était le premier ministre, chef du gouvernement contre lequel la rébellion a été levée et qui a échoué à protéger le pays de cette rébellion;
* pour se maintenir à la tête du parti, a préféré tenter de vaincre, par la terreur, ses organes et ses propres militants au lieu de s'aligner ou de se démettre dès lors qu'il reconnaissait avoir échoué à les convaincre;
* a été incapable de maintenir la cohésion et l'unité d'un parti politique qu'il a dirigé pendant 13 ans;
* a été exclu du FPI par le congrès de Mama.
*etc.
Je me demande comment un tel homme, qui n'a pas su garder une poule, peut prétendre et convaincre certains, qu'il est capable de garder Notre Eléphant, qui plus est, est un animal blessé? 
Je leur souhaite bonne continuation, sans moi. Moi, mon président du FPI s'appelle Laurent GBAGBO et son intérimaire est SANGARE Aboudrhamane.

II - LAURENT GBAGBO PLUS QUE JAMAIS AU CENTRE DU JEU POLITIQUE IVOIRIEN

Ceux qui, au sein du FPI, se sont opposés à Affi jusqu'à son exclusion ont toujours eu pour objectif de garder Laurent GBAGBO au centre du jeu politique ivoirien, convaincus que c'est de cette façon qu'il échappera à une condamnation autrement quasi certaine. Assurés également qu'au delà de la personne de Laurent GBAGBO, c'est l'idée et le symbole de la Côte d'Ivoire libre et souveraine qui ont été déportés à La Haye.
En face, il y avait ceux qui voulaient tourner sa page. 
Aujourd'hui, force est de constater que Laurent GBAGBO est plus que jamais au centre de ce jeu politique: tous vont ou veulent aller le voir à la Haye, même ceux qui voulaient tourner sa page n'ont pas le courage de l'assumer et sont obligés de se cacher derrière son image, plusieurs candidats se déclarent candidats pour lui, certain(e)s se rappellent subitement qu'ils ont été proches de lui ("une proche de GBAGBO vient de déposer sa candidature"), de nombreux ivoiriens réunis en meetings publics à Abidjan par la CNC ont crié à pleins poumons leur attachement à Laurent GBAGBO, etc....
Quand je me rappelle qu'en 2011, un simple t-shirt à son effigie pouvait signifier la mort et que son reniement était un sésame pour ouvrir certaines portes, je mesure le chemin parcouru... Nous avons donc relevé cet énorme défi. Mais, évidemment, les jeux sont loin d'être faits. Nous devons donc, plus que jamais, garder le cap.
A cet effet, la CNC, au sujet de laquelle j'ai promis une vigilance sans a priori ni procès d'intention, apparaît comme une opportunité historique qui apparaît comme une terre de repli et d'exil, comme une bouée de sauvetage, notamment judiciaire et réglementaire, pour la ligne souverainiste du FPI. 
Je considère par ailleurs que la décision de confier la présidence de la CNC à Banny est une excellente idée: son profil et son parcours le mettent à l'abri de certains traitements dégradants et barbares généralement réservés à nos camarades. Or, il apparaît que, de plus en plus, il partage notre combat et défend les mêmes idées que nous, notamment en rapport à Laurent GBAGBO, sans nous demander de nous renier. 
Bien sûr, certains diront que ce n'est pas sincère et qu'il cherche les voix des pro-GBAGBO. On verra bien. Mais n'est-il pas évident qu'en voulant mettre Laurent GBAGBO au centre du jeu politique, c'est précisément ce que nous recherchions? N'est-il pas acquis que tous les hommes politiques ivoiriens cherchent aujourd'hui les voix de GBAGBO, celui dont personne ne réussira à tourner la page? 
En tout état de cause, moi, j'ai confiance au FPI, à son président Laurent GBAGBO et à la direction intérimaire incarnée par SANGARE Aboudrhamane et conduite par Laurent AKOUN pour ne jamais oublier nos classiques et notamment celui relatif à la contradiction principale et l'aspect principal de la contradiction.

Notre ambition politique demeure de bâtir une société libre et de libertés ainsi que de fonder une nation africaine, démocratique et socialiste. Enfin, nous sommes toujours "engagés contre toute forme de domination en Côte d'Ivoire et sur la Côte d'Ivoire". 
Tel est le FPI auquel nous avons adhéré. Et c'est ce FPI qui est à la CNC. Pour le reste, nous jugerons sur pièces.

Fait à Dakar, le 11 août 2015"


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