TIBALA

Chers amis de la liberté et de la souveraineté des peuples, La démocratie ne s'impose ni par la force, ni de l'étranger pas plus qu'elle ne s'achète ! Elle se construit pas à pas dans le respect des peuples et de leurs institutions souveraines. Mais courage, résistons et soutenons le souverainiste Laurent GBAGBO car son combat, c'est aussi le nôtre, celui de tous les citoyens libres et égaux en droit. Après avoir armé, formé, financé, renseigné et protégé les rebelles de OUATTARA depuis 2002, la France a imposé son poulain à la tête de la Côte d'Ivoire pour garder la mainmise sur les richesses de ce pays (pétrole, cacao, café,...). Elle participe activement à l'épuration ethnico-politique qui se poursuit dans l'indifférence coupable tant de la Communauté Internationale que des média et des partis de gouvernement.

lundi 13 janvier 2014

Justice et Vérité pour Norbert ZONGO !


« Aucun peuple ne peut aller au développement autrement que par la liberté et la démocratie.

C’est le niveau de démocratie qui détermine le niveau du développement.
Le contraire n’aboutit qu’à l’épanouissement des dirigeants et à la dictature. »
Norbert Zongo 
dans l’Indépendant du 03/10/95
Journaliste burkinabé, il a été assassiné sauvagement le 13 décembre 1998 par le régime COMPAORE qui sévit toujours. 
Il enquêtait sur la mort du chauffeur du frère du Président. A ce jour, ce crime abject –il est mort brûlé dans sa voiture avec 3 de ses compagnons – demeure impuni. 


BURKINA FASO BLAISE COMPAORÉ 

Burkina Faso: «Nous voulons la lumière sur l’affaire Norbert Zongo»

mediaAu Burkina Faso, les noms de deux hommes mobilisent encore les foules (photo prise le 4 août 2010) : Norbert Zongo et Thomas Sankara. Tous deux assassinés dans des circonstances restées obscures.© AFP
RFI : Que faisiez-vous le jeudi 30 octobre dernier ?
Au Burkina Faso, Norbert Zongo, journaliste burkinabè, a été assassiné le 13 décembre 1998 dans des circonstances troubles et jamais élucidées. Il enquêtait alors sur la mort du chauffeur de François Compaoré, le frère de l’ex chef-d’Etat, Blaise Compaoré. Robert Zongo est le frère cadet du journaliste Norbert Zongo. Il a accordé, ce mercredi 5 novembre, une interview exclusive à RFI. Il dit son sentiment une semaine après le soulèvement populaire du 30 octobre.
Robert Zongo : La manifestation avec le CFOP (coalition de l’opposition) s’est généralisée sur toute l’étendue du territoire. Nous nous sommes retrouvés ici, au Théâtre populaire, et nous avons déclenché la marche.
Avez-vous senti, ce jour là, qu’il se passait quelque chose d’important pour votre pays ?
Au plus profond de nous-mêmes, nous nous sommes dit que c’était le moment ; qu’il fallait foncer parce que ce monsieur (l’ex-président Blaise Compaoré), si vous le lâchiez un peu, ce serait difficile.
Il fallait maintenir la pression ?
Il fallait maintenir la pression parce que Blaise Compaoré est très rancunier et qu’il pardonne difficilement. Aussi, tout le monde s’y est mis. Cela n’a pas été facile, mais avec détermination, les gens ont quand même pu faire basculer ce régime-là. Vous savez, j’ai l’habitude de dire que la politique n’est pas pour les analphabètes. Voilà que nous avons une Constitution où il est écrit que le président n’est rééligible qu’une fois et ce monsieur (Blaise Compaoré) n’en fait qu’à sa tête. Il fallait donc accompagner le peuple qui s’est mobilisé pour le faire partir.
Vous avez un nom qui est célèbre pour des raisons qui ne sont pas forcément très heureuses. Vous êtes le frère de Norbert Zongo. C’est une affaire qui revient souvent, en ce moment, dans la bouche des gens pour dire « il faut que Blaise Compaoré s’explique sur Sankara, sur Norbert Zongo, sur un certain nombre d’affaires ». Quel est, actuellement, votre sentiment ?
Nous avons un sentiment de quelque chose de gagné  déjà. En effet, chaque année, chaque 13 décembre, nous étions obligés de manifester pour réclamer justice pour Norbert. Avec cet élan du 30 octobre, nous nous disons que les gens vont découvrir beaucoup de choses, surtout en ce qui concerne ce dossier-là.
Norbert écrivait sur l’assassinat du chauffeur de François Compaoré – David Ouédraogo – tout simplement parce qu’il y avait là un monsieur que l’on a tué, soit-disant, parce qu’il a pris de l’argent chez les Compaoré. Norbert s’était alors levé pour que la lumière soit faite sur la mort de David Ouédraogo. C’est alors qu’ils ont préféré le faire partir pour le faire taire. Pourtant, Norbert avait trouvé la solution pour ne plus écrire sur l’affaire David. En effet, il avait proposé, notamment aux envoyés de François Compaoré, que si ce dernier prenait en charge, ne serait-ce que la veuve et les enfants – cela ne coûtait rien à François de donner 50 000 ou 100 000 francs – il aurait arrêté d’écrire.
Les preuves ont-elles pu disparaître ?
Sûrement, peut-être, peut-être pas.
François Compaoré est en fuite ; Blaise Compaoré également. En tant que représentant de la famille, que souhaitez-vous ? Qu’il soit arrêté ? Qu’il soit traduit devant une Cour ? Qu’il y ait une enquête, un interrogatoire ?
Nous, nous voulons la lumière. Par exemple Norbert a encore sa mère. Elle veut savoir ce qui est arrivé à son fils. Donc, François, même si c’est dans un trou à rat, nous irons le chercher. Nous voulons savoir ce qui est arrivé et pouvoir faire notre deuil à nous. Il faut donc que tout cela s’arrête pour de bon pour que les gens puissent prendre l’envol et essayer de s’épanouir ; pour qu’un jour on puisse dire « plus jamais ça ». 




GUY ZONGO, A PROPOS DE L’ASSASSINAT DE SON PERE NORBERT ZONGO

ÉCRIT PAR  
 "La Justice a été manipulée"

Guy Zongo«La justice, censée être le défenseur de la veuve et de l’orphelin, a été manipulée. Et de très mauvaise manière».C’est Guy Zongo, fils de Norbert Zongo, qui parle. Et il n’hésite pas à décocher des flèches sur le juge d’instruction Wenceslas Ilboudo, le procureur général Abdoulaye Barry et l’ex-procureur du Faso, Adama Sagnon. «Je voudrais leur dire que tôt ou tard, chacun répondra de ses actes devant Dieu». Il fustige aussi, sans détour, l’attitude «irresponsable» de Blaise Compaoré. Et il le dit, droit dans les yeux du président: «L’héritage que vous laissez, à nous, vos enfants, est trop lourd (ton père a tué mon père, ta famille a ruiné ma famille)». Déception totale aussi par rapport à certains militants du Collectif contre l’impunité: «Certains ont fait un revirement spectaculaire. Je veux parler d’Hermann Yaméogo et de bien d’autres. C’était un ami de mon père mais je ne peux plus avoir confiance en lui… Certains ont fait de l’assassinat de papa un fonds de commerce, d’autres un fonds de positionnement politique». Et ce n’est pas tout. Dans cette interview, Guy Zongo affiche ses convictions, argument après argument: les derniers jours avant l’assassinat de son père le 13 décembre 1998, les suspects sérieux épinglés par la commission d’enquête indépendante, le ranch dont certains avaient programmé la disparition et bien d’autres sujets d’intérêt public sont passés au crible.
Le Reporter : Avec le recul, si on vous demandait de parler des qualités de Norbert Zongo, qu’auriez-vous dit ?
Guy Zongo: Je retiens de lui l’image d’un homme qui se battait, qui vivait loyalement, qui n’hésitait pas, quels que soient ton rang et ta qualité, à te dire ce qu’il pensait mais il n’y avait rien de méchant dans ce qu’il disait. Je garde de lui l’image de quelqu’un qui comprend, tant ses amis que ses ennemis. C’était aussi un grand travailleur.
En 2006, la Justice a accordé un non lieu à Marcel Kafando, le seul inculpé dans cette affaire. Comment avez-vous accueilli cette décision?
J’ai été très choqué. Quand des hommes de droit se livrent à ce jeu, c’est extrêmement grave. J’ai vécu difficilement les trois derniers mois de la vie de mon père, notamment la période allant de son empoisonnement à son assassinat. Je l’ai vécu comme un calvaire; c’est comme si je m’attendais qu’on vienne m’annoncer, à un moment ou à un autre, que papa est mort. Lorsque tu connais une personne et qu’elle meurt, c’est très choquant; c’est encore plus choquant quand c’est un membre de ta famille, ton père par exemple. La manière dont ils ont tué papa est inadmissible. Ils l’ont arrêté, ils ont tiré sur lui et ils ont mis le feu à son corps. Avant, quand on tuait quelqu’un, on laissait le corps à sa famille pour qu’il ait une sépulture digne. Mais ils ont tué mon père et ils l’ont brûlé. Ils n’ont eu aucun respect envers sa famille. Ni envers Dieu. Envers les morts non plus.
La justice a bâclé le dossier. Le juge d’instruction, ne pouvant pas travailler en toute indépendance, aurait dû se dessaisir du dossier. Mais il a préféré prendre l’engagement de rendre une décision aussi grave. L’arrogance avec laquelle les procureurs Abdoulaye Barry et Adama Sagnon ont traité le dossier est très révélatrice. Sagnon est même allé jusqu’à déclarer à la télé qu’il faut des preuves scientifiques comme des mégots de cigarette pour qu’on puisse rouvrir le dossier. Il faut éviter de banaliser l’assassinat. Lorsqu’on tue quelqu’un, il faut avoir un minimum de respect pour sa famille. Je voudrais leur dire que tôt ou tard, chacun répondra de ses actes devant Dieu.
Votre père vous a-t-il fait des confidences sur les menaces de mort dont il a été l’objet?
Il ne m’a pas fait de confidences particulières. Mais quand il a été empoisonné à Kaya, il m’a appelé ce jour-là pour me dire qu’il est allé à une conférence et qu’après avoir mangé le repas, il était très malade. Il m’a dit qu’on cherchait une clinique pour le soigner. La dernière fois que je l’ai vu, c’était le 5 décembre 1998. Il est venu ce jour-là à Koudougou; il a fait plusieurs fois le tour de la maison de sa mère. C’était comme s’il voulait lui dire au revoir. C’est la première fois que je le voyais ainsi. Depuis lors, j’avais des craintes pour papa. Nous étions contents lorsqu’il est guéri suite à son empoisonnement. Mais après le 5 décembre, quand je voyais papa, j’étais inquiet.
La commission d’enquête indépendante a révélé des «suspects sérieux». A votre avis, ces suspects sont-ils ceux qui ont commis l’assassinat de votre père?
A mon avis, le rapport n’a fait que relater la réalité des choses. Tout porte à croire que ceux qui ont commis l’assassinat ont l’habitude de poser de tels actes. Plusieurs indices avant, pendant et après l’assassinat montrent que les suspects cités dans le rapport de la commission d’enquête indépendante ont quelque chose à y voir. Mais je ne saurais vous dire le rôle que chacun d’entre eux a joué.
Le procureur général, Abdoulaye Barry, et l’ex-procureur du Faso, Adama Sagnon, affirment que le dossier a été classé mais qu’il pourrait être rouvert s’il y a des éléments nouveaux. A quels éléments nouveaux pensez-vous?
Je ne vois pas d’éléments nouveaux. Les informations contenues dans le dossier sont suffisamment claires. Si le juge d’instruction voulait faire la lumière sur cette affaire, il l’aurait faite. Il n’aurait pas prononcé de non-lieu. Mais lui et les procureurs ont préféré prendre cette décision dans le but d’enterrer le dossier. Le fait de déclarer le non-lieu est un refus manifeste de rendre justice.
Vous voulez dire que la justice a été manipulée?
Oui. L’arrogance avec laquelle le procureur général et le procureur du Faso ont parlé de l’affaire montre que tout a été planifié pour aboutir à ce non-lieu. Ils ont tout mis en œuvre pour banaliser l’affaire. Le premier ministre Paramanga Ernest Yonli disait d’ailleurs que l’affaire Zongo n’a que trop duré. Il a sûrement reçu des instructions et en a données aussi. Je voudrais leur dire ceci : «des gens ont décidé de la mort de quelqu’un sans vous y associer; et aujourd’hui, vous êtes aux premières loges. C’est vrai, c’est de l’argent, ce sont des postes politiques mais comme le disait quelqu’un, ‘vendus d’aujourd’hui, pendus de demain’. Quand vous passez à la télé pour parler, vous devez vous dire qu’il y a des gens qui vous regardent. Un jour viendra, j’en suis sûr, où certains trouveront des mégots de cigarette». Le juge d’instruction, Wenceslas Ilboudo, aurait pu dire qu’il ne pouvait pas traiter le dossier mais ils ont tous été placés pour cela. Ce sont bien les gens qu’il fallait. Il y a des actes évidents qui montrent que la justice qui est censée être le défenseur de la veuve et de l’orphelin, a été manipulée. Et de très mauvaise manière.
Le Collectif contre l’impunité a engagé, au lendemain de l’assassinat, une lutte acharnée pour que la lumière soit faite dans ce dossier et dans tous les autres cas de crimes impunis. Ce collectif est-il selon vous aujourd’hui à bout de souffle?
Dans le Collectif, il y a des gens de très bonne volonté. Certains par contre ont fait un revirement spectaculaire. Je veux parler d’Hermann Yaméogo et de bien d’autres. C’était un ami de mon père mais il m’a surpris par son comportement. En réalité, en intégrant le Collectif, il ne visait que ses propres intérêts. C’est triste de voir un homme comme lui se livrer à ce jeu. Je ne peux plus avoir confiance en lui. Mais je ne lui en veux pas; il reste mon tonton.
Vous l’accusez d’avoir dévié la lutte du Collectif?
Pas seulement lui. D’autres ont aussi renversé leur veste. C’est regrettable.
En clair, vous voulez dire que certains ont fait de cette lutte un fonds de commerce?
Certains en ont fait un fonds de commerce, d’autres un fonds de positionnement politique, au point qu’ils ont oublié l’essentiel, c'est-à-dire Racine Yaméogo qui était un témoin clé mais qui n’a bénéficié d’aucune protection, si bien qu’il est devenu l’objet de manipulation. Qu’ont-ils fait pour que ce témoin ne fasse pas un revirement dans ses déclarations? C’est suite à ce revirement que le non-lieu a été prononcé en faveur de l’inculpé Marcel Kafando.
Toutefois, une bonne partie des militants du Collectif sont restés déterminés dans la lutte. Je rends un hommage au président du Collectif, Me Halidou Ouédraogo, au Pr Joseph Ki-Zerbo décédé, à Me Bénéwendé Sankara, à Tolé Sagnon et tous les autres qui sont restés fidèles à leurs engagements.
Déjà dix ans d’impunité dans cette affaire. Avez-vous un ultime appel à lancer au président Compaoré, le premier magistrat du pays?
Je ne peux rien attendre de lui. Je voudrais lancer un appel par rapport aux enfants de certaines victimes de son régime. Quand on tue le père de quelqu’un, on devient automatiquement l’ennemi de ses enfants, de sa famille. Surtout lorsque ces derniers se souviennent des conditions dans lesquelles leur papa est mort. Certains d’entre eux ont été réunis sur une terrasse avec des militaires autour d’eux avant d’apprendre, quelques temps après, que leur papa avait été tué. Ces gens ne pourront jamais vous aimer, monsieur le président. Mais Je pense qu’avoir le minimum pour vivre dignement serait une bonne chose car certains n’ont pas accès au minimum vital, notamment la nourriture, les soins, etc. Il serait bien que vous vous penchiez sur le sort de ces enfants. Car la chute de ce régime ne viendra pas d’eux. Nous avons tous de la haine certes car la haine nourrit le courage. Et il nous en faut. Je voudrais aussi vous dire qu’on peut ne pas vous aimer et vous reconnaître certaines qualités. Mais ne tombez pas si bas en racontant par exemple que le vieux Sankara, le père de Thomas Sankara, a envoyé quelqu’un vous dire un jour qu’il avait faim. C’est trop petit de votre part. Jouez à l’apaisement au lieu d’enfoncer le couteau dans la plaie car certains attendent juste un peu de considération de votre part. Jouez à l’apaisement parce que l’héritage que vous laissez, à nous, vos enfants, est trop lourd (ton père a tué mon père, ta famille a ruiné ma famille) et ça, ce n’est pas à coups de millions que ça se règle.
Comment se porte aujourd’hui la famille Zongo?
La famille se porte bien. Certes, ça ne peut pas être parfait comme au temps de papa mais dans l’ensemble, ça va. Chacun vaque à ses occupations. Moi, j’ai pris le relai de papa au niveau du ranch.
Justement à ce propos, certains avaient prédit, après l’assassinat, la disparition du ranch et de l’hebdomadaire L’Indépendant. Mais on se rend compte aujourd’hui qu’ils se sont vachement trompés. Quel a été votre secret pour relever le défi?
Il n’y a pas de secret. Notre «secret», c’est le travail. Nous nous sommes battus, jour après jour, pour rendre hommage à papa. Nous avons fait de nouvelles réalisations dans le ranch; la plupart des chasseurs viennent d’Europe; au fil des ans, ils se sont fidélisés au ranch. Certains sont là depuis 7, 8 ou 10 ans. A la fin de leur séjour, ils demandent toujours à revenir. Et c’est avec plaisir que nous les accueillons chaque année. Pendant les dix ans de gestion, le ranch a correctement fonctionné, malgré les difficultés de départ. Mon père tenait beaucoup à ce ranch. Il fallait absolument que je relève le défi. Ne pas arriver à le faire s’apparenterait à une seconde mort pour lui. Tout comme au niveau de L’Indépendant, nous avons évité que ce soit un échec. Nous continuerons à nous battre pour rendre un hommage à papa.
Quelles sont les principales réalisations que vous avez effectuées dans le ranch?
Le ranch nous a été réattribué par l’Etat pour une période de vingt ans suite à un appels d'offres. Nous allons faire de nouvelles réalisations pour rendre le cadre plus agréable. Mais déjà, nous avons construit de nouveaux bungalows; il y en a actuellement 12. Ce nombre passera à 14 très bientôt. Il est aussi prévu une piscine et plusieurs autres réalisations. J’envisage également de créer une agence de tourisme afin de donner plus de dynamisme au ranch. Nous apportons aussi assistance aux habitants des villages riverains. Nous entendons étendre cette assistance, en fonction de nos moyens, à tous les villages environnants. Nous apportons aux villageois souvent des produits pharmaceutiques. A ce sujet, nous sommes en train de réfléchir sur la possibilité de créer dans ce village, un dépôt pharmaceutique pour que les produits soient accessibles en temps réel. Nous leur offrons aussi des vêtements, des fournitures, du matériel pour la pesée du coton; nous leur apportons également un véhicule pour les courses en cas de maladie ou de décès. De plus, les villageois bénéficient d’une partie de la viande et des revenus financiers issus de la chasse. Mon père leur avait déjà construit un forage et un logement pour les enseignants de l’école; j’en ai ajouté. Il leur avait permis de bénéficier d’avantages divers.
La saison de chasse s’ouvre officiellement ce 1er décembre. Avez-vous un message particulier à l’endroit des chasseurs?
Mes premiers clients arrivent le 2 décembre (NDLR: l'interview a été réalisée le 24 novembre 2008). De mon côté, les choses se passent bien. J’aimerais lancer un appel aux autorités du ministère de l’Environnement à propos des concessionnaires comme le vieux Lazare Tapsoba qui ont vendu pratiquement tous leurs biens pour investir en brousse. Ce serait dommage qu’on leur retire leur ranch parce qu’ils ont oublié d’insérer une caution dans l’avis d’appel d’offre qui a été lancé pour l’attribution des zones. Il y a aussi le cas de Maurice Bardey, un grand conservateur de la faune. Tous ces gens vont perdre leurs zones qu’ils se sont saignés pour protéger pendant plus de dix ans. J’appelle les gens à la raison. Je remercie les tontons du Royaume du trophée qui m’ont soutenu et qui sont aujourd’hui pour moi des pères. Merci également au ministre Laurent Sedogo, ancien ministre de l’Environnement qui nous a soutenu pleinement durant son passage dans ce ministère.
Propos recueillis par Hervé D’AFRICK
(interview réalisée le 24 novembre 2008 et publiée dans Le Reporter N°18 de décembre 2008)


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