TIBALA

Chers amis de la liberté et de la souveraineté des peuples, La démocratie ne s'impose ni par la force, ni de l'étranger pas plus qu'elle ne s'achète ! Elle se construit pas à pas dans le respect des peuples et de leurs institutions souveraines. Mais courage, résistons et soutenons le souverainiste Laurent GBAGBO car son combat, c'est aussi le nôtre, celui de tous les citoyens libres et égaux en droit. Après avoir armé, formé, financé, renseigné et protégé les rebelles de OUATTARA depuis 2002, la France a imposé son poulain à la tête de la Côte d'Ivoire pour garder la mainmise sur les richesses de ce pays (pétrole, cacao, café,...). Elle participe activement à l'épuration ethnico-politique qui se poursuit dans l'indifférence coupable tant de la Communauté Internationale que des média et des partis de gouvernement.

mercredi 8 mai 2013

Interview de Basile Lépohé GNINION neveu de Firmin MAHE du 30 avril 2013

Basile, qui es-tu par rapport à Firmin ?
-       Je suis le neveu de Firmin MAHE qui était le « petit frère » de mon papa. Le père de Firmin était le frère même père même mère de mon grand-père côté papa.
Vous dites « MAHIE » au lieu de « MAHE »?
-       Oui, MAHE, c’est une abréviation. En Guéré, on parle d’ethnie Wê, MAHIE veut dire : «  tu vas voir les conséquences de ce que tu me fais ».
Pourquoi n’as-tu pas le même nom que lui ?
-       Chez nous, on prend le nom de la personne de la famille qui était cher. En fait nos aïeux le voient en rêve et nous l’attribuent. Quant au surnom, on nous le donne au baptême en même temps que le prénom. « Lépohé » pour moi, ça veut dire : « est-ce que tu as contribué à ma souffrance ? » En d’autres termes, qui es-tu pour prétendre venir t’asseoir là au milieu des autres alors que tu n’as pas sué pour avoir ta part ?
Que penses-tu du procès et du verdict ?
-       J’ai été peiné par notre absence, par le fait que nous soyons venus qu’à 5 jours de la fin du procès. Nous on pensait que comme on avait un avocat choisi par la France qui était inscrit au barreau de PARIS, nous serions bien défendus. Il nous avait dit que tout était prêt, que nous serions hébergés par la France, que l’hôtel était déjà réservé. Les personnes clefs, notamment les sœurs de Firmin, son fils et la mère de ce dernier n’étaient pas là…
Sais-tu que le 26 novembre 2012, soit la veille de l’ouverture du procès, NDOUMOU a dit que c’était à cause de l’Etat ivoirien qui ne voulait pas délivrer les passeports et de l’Etat français qui refusait de délivrer les visas que la famille n’était pas là ?
-       Oui je l’ai appris. Et je pense que c’est faux parce qu’il ne peut pas dire une chose et son contraire. Il avait dit que les billets d’avion et les frais d’hébergement étaient pris en charge par l’Etat français et qu’il ne fallait pas trop en demander à ce dernier.  Ce qui nous a mis en retard, c’est le fait qu’on nous demandait de payer les frais de passeport et que c’était trop cher pour nous.
Quand avez-vous su que vous étiez convoqué au procès ?
-       J’ai su cela à la mi-novembre.
Et les autres parties civiles ?
-       Au même moment… On savait que le procès allait avoir lieu mais on ne savait pas exactement quand.
Qui devait venir en France ?
-       Jacques, ses trois sœurs (même mère même père), Gaël le fils de Firmin et Sylvie sa mère et son tuteur légal. Si l’enfant avait été au procès, cela n’allait pas se passer comme cela. Au départ, ce que NDOUMOU disait nous rassurait tellement qu’on n’avait pas idée de mettre en cause sa parole. Nous on était éplorés. On ne pensait pas à l’argent, ni à ce que l’on pouvait obtenir. Nous on voyait la légalité. C’était la Justice qui allait triompher. Alors je viens en France et je tombe dans des épines.  Ce que je pensais, ce n’est pas ce que j’ai vu au procès. Pour des criminels qui ont tué mon oncle, on nous montre des photos que je ne reconnais même pas. On les condamne avec du sursis. Vous avez tué en Côte d’Ivoire  alors que vous êtes  venus là-bas pour rétablir la Justice.
Certains disent que vous êtes là justement pour l’argent et que vous en voulez à NDOUMOU…
-         …Ceux qui disent cela, c’est pour saper le moral des gens. Quand Jean HELENE a été assassiné en Côte d’Ivoire, l’Etat ivoirien a été condamné à verser 137 millions de francs CFA à sa famille (NDLR : soit un peu plus de 200 000€). Personne n’a trouvé ça anormal. Pourquoi est-ce que ça serait choquant que notre famille touche des dommages et intérêts pour le préjudice subi ?
Notre affaire avec Maître NDOUMOU, ça ne date pas des jugements, du procès et de tout ce qui en découle. Ca remonte au départ pour venir en France. Il savait que nous n’avions pas les moyens pour venir en France, notamment pour faire les passeports, mais il nous a laissés sans aide et sans solution pour les payer à quelques jours du procès. Il savait également que Jacques mon oncle était malade. Depuis 2009, on l’appelait pour lui dire que ça n’allait pas et qu’il devait nous aider à soigner Jacques, mais il nous disait qu’il n’avait pas les moyens, vous voyez.
Maître NDOUMOU est votre avocat. Pourquoi pensez-vous que c’était à lui de vous aider à prendre en charge les soins de Jacques ?
-       Parce quand il est arrivé en Côte d’Ivoire en février 2006, il nous a accordé une audition à la Tour A (NDLR : où se trouve le Tribunal militaire). Il n’a cessé de répéter qu’il était venu pour défendre notre frère MAHE, pour que les insanités qui ont été dites sur lui soient dénoncées et qu’il allait rétablir la vérité.
Vous ne répondez pas à ma question précise… Pourquoi vous attendiez-vous à ce que Maître NDOUMOU prenne en charge certains frais concernant le reste de la famille ?
-         Quand il est arrivé, on l’a invité à la maison. Là, il nous a dit qu’il pouvait prendre le dossier, mais qu’il fallait qu’on signe un papier, que s’il gagnait le procès, il allait prendre 20% de ce qui nous reviendrait. Quelques heures après, j’étais déjà parti et ils m’ont rappelé pour que je revienne aux 3 Rouges (NDLR : quartier de YOPOUGON). A mon retour, la famille était unanime pour signer la convention à 35%. En effet, NDOUMOU leur avait expliqué que si on signait à 35%, cela inclurait des aides éventuelles en cas de nécessité, de maladie pour tout le monde ainsi que de l’argent pour subvenir directement aux besoins de l’enfant de Firmin qui venait d’avoir 2 ans. Il était un peu malade et n’était pas encore déparasité.
Maître NDOUMOU a-t-il respecté ses engagements ?
-         Un centime, il n’a jamais envoyé pour quelqu’un jusqu’à présent.
Finalement, qui a signé ce document ?
-         Jacques, Madeleine, Pacôme,… Quelqu’un a même signé à la place des 3 sœurs de Jacques côté maman qui étaient au village (à DALOA et à BANGOLO). Il y avait environ 14 personnes qui ont signé.
Qui a ce document aujourd’hui ?
-         NDOUMOU a l’original.
Est-ce qu’il y a des copies ?
-         A ma connaissance seule une parente éloignée que NDOUMOU a érigée en représentante de la famille possède une copie du document.
Vous parlez d’un document très important  qui engage Maître NDOUMOU, mais pourquoi n’avez-vous  pas dénoncé son attitude avant le procès ?
-         En 2006 quand il venait, c’était au temps de Laurent GBAGBO. A cette époque, il nous rassurait.  Puis après quand il est rentré en France, nous partions à la Tour A et nous l’appelions, mais il raccrochait ou il ne donnait pas suite. J’ai commencé à perdre confiance parce qu’il n’est pas honnête. J’étais le porte-parole de la famille et nous avions peur que si on le dessaisissait depuis la Côte d’Ivoire, le procès allait avoir lieu sans nous. Il valait mieux être là au procès pour pouvoir dire ce qu’on pense et apporter la part de vérité de la famille.
En 7 ans, vous avez vu Maître NDOUMOU combien de fois ?
-         On l’a vu une fois seulement !
Avez-vous reçu des écrits de sa part ? Avant le procès, il y a eu la libération de RAUGEL et SCHNIER, le non lieu de PONCET, le renvoi aux Assises… Etiez-vous informés de tout cela ?
-         Pas par Maître NDOUMOU, mais par les journaux : Le Courrier d’Abidjan, L’Intelligent d’Abidjan, Jeune Afrique, Le Monde,…
Aujourd’hui, qu’attendez-vous de la Justice française ?
-         La Justice française a tendance à étouffer le dossier. Nous constatons une Justice vraiment « serpentine ». Je ne comprends pas comment des tueurs peuvent être condamnés à du sursis pendant que des rebelles qui ont éventré des femmes enceintes, tué des vieillards qui ne pouvaient pas se sauver eux sont nourris, blanchis, logés et occupent des postes administratifs. Ils nous font croire qu’il fallait tuer MAHE pour ramener la paix dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire et aujourd’hui c’est le pire qui se passe en Côte d’Ivoire. Je suis venu du pays depuis à peine 5 mois, et bien avant que je n’arrive, j’ai pu constater que la liberté d’expression n’existe plus. Les droits de l’Homme ne sont plus respectés. L’impunité est partout. Les opposants sont arrêtés, torturés et parfois assassinés dans des camps de concentration.
Aujourd’hui le procès est fini et vous êtes toujours en FRANCE. Quelle est votre situation ?
-         Nous…
Nous ?
-         Jacques (NDLR : Jacques est le frère aîné de Firmin MAHE, même père, même mère) et moi sommes là en tant que parties civiles. Le procès est fini ? Non il est toujours en cours !
Quel est votre statut ?
C’est NDOUMOU qui voulait nous faire partir de force. Depuis le 10 décembre dernier, il ne nous a même pas fait savoir ce qui allait se passer après le procès et il a refusé de réagir au verdict. Il nie  que nos vies sont menacées suite à ce dernier. Il dit que d’autres parties civiles ont assisté au procès, qu’elles sont reparties en Côte d’Ivoire et que ça se passe bien pour elles. Sauf que ces autres parties civiles ne sont pas connues en Côte d’Ivoire, et quel lien ont-elles vraiment avec MAHE ? Il ne faut pas confondre la constipation et la grossesse. Ce n’est pas la même chose. Aujourd’hui, le problème que nous vivons est lié à la situation de BANGOLO et à l’affaire MAHE. Les personnes dont NDOUMOU parlent ont décidé d’enterrer le dossier alors que nous sommes en France pour exiger que la vérité soit faite sur la mort de Firmin MAHE. C’est ce combat qui nous met en danger et que beaucoup de personnes veulent faire taire. Et si justement il n’est rien arrivé à 2 des parties civiles qui sont rentrées au pays, c’est aussi parce que nous sommes ici à dénoncer les pressions que nos parents subissent au pays.
Mais au village à BANGOLO, personne ne vous attend ?
-         En Côte d’Ivoire, ce sont les enlèvements et les disparitions tous les jours. Les rebelles nous ont arrachés à nos terres et à nos plantations. Ils les occupent aujourd’hui. Des analphabètes dirigent le pays. C’est un problème foncier. On a des problèmes avec certains immigrés qui sont venus de la sous-région et qui ont profité de la crise postélectorale pour occuper nos terres.
Quel est votre statut aujourd’hui ?
-         Nous sommes demandeurs d’asile.
Pensez-vous que l’OFPRA va vous accorder l’asile ?
-         Malgré ce qu’ils ont fait à mon oncle ou plutôt à cause de ce qu’ils ont fait à mon oncle, la France nous doit réparation,  sans compter les massacres qui se poursuivent… Les autorités françaises doivent nous accorder l’asile en attendant que la paix revienne en Côte d’Ivoire et tant que nos vies sont menacées.
Un dernier mot pour conclure ?
-         « C’est de la manière dont tu t’arrêtes devant le tailleur qu’il prend ta mesure ». NDOUMOU prétend aujourd’hui avoir été mandaté par l’Etat français tout en continuant à affirmer que nous l’avons désigné comme avocat en 2005. Son attitude, sa façon de traiter notre dossier, sera déterminante de la façon dont il sera traité demain par ses confrères, ses clients, l’opinion publique… Il paraît même qu’il veut devenir bâtonnier et il n’est même pas capable de fournir les pièces nécessaires au Bâtonnier devant lequel  il nous a fait convoquer pour nous réclamer 20 000€ d’honoraires (rires) ! De la même façon, il a réclamé un préjudice économique en dommages et intérêts (sans suite puisque MAHE ne nous versait aucun revenu) alors qu’il n’a même pas demandé de préjudice moral. Mais vraiment ce qui nous a le plus choqué, c’est qu’il a réclamé des frais funéraires sans même apporter la moindre facture de la morgue de TREICHVILLE alors qu’il est le seul à être en possession du document original permettant de retirer le corps de notre parent pour que nous puissions enfin l’enterrer (en effet, il nous a fait croire pendant plus de 7 ans que l’on ne pourrait demander la restitution du corps qu’après le procès et la condamnation des assassins. Aujourd’hui, il dit que c’est compliqué et qu’il faudrait encore au moins 3 ans. Sauf que nous tenons de source judiciaire qu’il n’a même pas demandé la restitution du corps !)
Mais en attendant, c’est vous qui êtes déboutés de toutes vos demandes et qui devez supporter de voir les assassins de votre oncle en liberté qui continuent d’insulter sa mémoire ou bien ?
-         Nous n’avons rien à nous reprocher… C’est celui qui a le crédit de « qu’est-ce qu’il y a » qui prête oreille quand on parle de « qu’est-ce qu’il y a ». On voit NDOUMOU s’agiter, nous menacer et revendiquer d’avoir été mandaté par l’Etat français tout en maintenant  avoir été désigné la famille dès 2005. Il est même allé jusqu’à évoquer des documents classés secret défense pour justifier de n’être en mesure de produire aucun document sur l’origine de sa désignation ainsi que sur ses honoraires, hormis une cinquantaine de cartes téléphoniques dont il réclame le remboursement prétendant que c’est avec ces cartes qu’il nous appelait pendant toutes ces années où il a fait semblant d’être à nos côtés. Nous sommes sereins. La France est un pays des Droits de  l’Homme. Un jour, la vérité rattrapera le mensonge et Justice sera rendue à notre frère et à notre famille sur ce qui s’est réellement passé… Au-delà de l’affaire Firmin MAHE, c’est toute notre région qui réclame Justice car il n’y aura pas de paix tant que les actes de la rébellion qui ont abouti à la situation où nous sommes seront couverts par les autorités ivoiriennes, mais aussi par l’Etat français qui les soutient.

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