TIBALA

Chers amis de la liberté et de la souveraineté des peuples, La démocratie ne s'impose ni par la force, ni de l'étranger pas plus qu'elle ne s'achète ! Elle se construit pas à pas dans le respect des peuples et de leurs institutions souveraines. Mais courage, résistons et soutenons le souverainiste Laurent GBAGBO car son combat, c'est aussi le nôtre, celui de tous les citoyens libres et égaux en droit. Après avoir armé, formé, financé, renseigné et protégé les rebelles de OUATTARA depuis 2002, la France a imposé son poulain à la tête de la Côte d'Ivoire pour garder la mainmise sur les richesses de ce pays (pétrole, cacao, café,...). Elle participe activement à l'épuration ethnico-politique qui se poursuit dans l'indifférence coupable tant de la Communauté Internationale que des média et des partis de gouvernement.

vendredi 28 décembre 2012

CONTRE LE PERMIS DE TUER ACCORDE A LA FORCE LICORNE EN CÔTE D'IVOIRE

Comité de soutien à la famille MAHE
Parquet Général
34 quai des Orfèvres
75055 01 PARIS CEDEX

Objet : pour une Justice équitable et digne dans l’affaire Firmin MAHE

Monsieur le Procureur Général de PARIS,
Dans l’affaire Firmin MAHE, la Justice est passée veut-on nous faire croire. Vous avez annoncé que le Parquet n’entendait pas faire appel du verdict de la Cour d’Assises du vendredi 07 décembre 2012. Mais de quelle Justice s’agit-il quand on a délivré un véritable permis de tuer à des corps habillés dont on a légitimé le droit de décider qui doit vivre ou mourir en l’absence de tout procès impartial ? 
Qu’il nous soit permis de rétablir les faits dans toute leur cruauté : des militaires français de la force Licorne, sous couvert d’une opération de maintien de la paix en CÔTE D’IVOIRE ont gravement blessé Firmin MAHE le 13 mai 2005 à BANGOLO alors qu’il se rendait au marché en compagnie de son amie Edith. Ayant reçu l’ordre de le conduire à MAN et tandis qu’il gisait inconscient dans le blindé français, l’adjudant-chef Guy RAUGEL a reçu l’ordre du Colonel BURGAUD de mettre un terme à sa vie sans précision sur le mode opératoire. RAUGEL a décidé d’exécuter cet ordre illégal. Pour ce faire il a attrapé un sac poubelle, l’a scotché autour de la tête de son prisonnier pendant que le brigadier-chef Johannes SCHNIER le maintenait pourtant inconscient et entravé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Tellement peu fiers de leur crime sauvage qu’ils tentent aujourd’hui de légitimer, ils ont ensuite consigné de faux PV et tenté de couvrir la bavure. Contrairement à ce qui a été défendu, ce n’est pas la mauvaise conscience de certains soldats qui a permis l’éclatement de la vérité, mais bien la plainte courageuse des proches de Firmin contre la Licorne suite à cette tragique disparition.
Des « soldats de la Paix » se sont donc arrogés le droit d’exécuter sauvagement un civil Ivoirien non armé et inconscient en dehors de toute situation de légitime défense… Qu’à cela ne tienne ! 7 ans plus tard, toutes les conditions sont réunies pour orchestrer une parodie de Justice visant à blanchir les « pauvres » soldats accusés :
-       L’ordre aurait été certes illégal mais en revanche légitime, car Firmin MAHE aurait été à la tête d’une bande de coupeurs de route qui écumait la région et aurait fait plus de 20 victimes sans compter les viols et les pillages qui lui seraient imputables ;
-       « L’Armée sort grandit de cette affaire » a osé Maître Alexis GUBLIN l’avocat du Colonel BURGAUD ; «on a tué pour sauver des vies »… « Ces soldats ont évité un Rwanda bis »…« C’était un mal pour éviter le pire » a encore plaidé la Défense dans une belle émulation collective sur fond d’effets de manche en série ! 
-       Nos 4 soldats et particulièrement l’adjudant-chef Guy RAUGEL assument pleinement leur acte, mais endureraient les pires souffrances depuis 7 ans. Guy RAUGEL serait d’ailleurs un « mordu » d’AFRIQUE qui enchaînerait les missions humanitaires au service des populations africaines depuis ce tragique événement ;
-       Adèle DITO - grande amie et bénéficiaire des « forces impartiales » de CÔTE D’IVOIRE comme elle appelle la Licorne et l’ONUCI- troisième adjointe au Maire de BANGOLO à l’époque des faits, est allée jusqu’à dire que « les assassins de Firmin MAHE devraient être décorés plutôt que jugés » ;
SAUF QUE :
-       Firmin MAHE n’a pas été reconnu coupable des crimes qu’on lui impute post mortem, n’a jamais eu droit à une enquête ni à un procès équitable et qu’à ce titre il est présumé innocent ad vitam aeternam ;
-       Si des militaires expérimentés et formés à des missions extrêmement difficiles se croient autorisés à tuer d’abord pour ensuite seulement chercher des preuves de la dangerosité des personnes exécutées, c’est la porte ouverte à tous les abus et surtout un véritable permis de tuer remis à des personnes dépositaires de l’autorité publique qui plus est. Le signal ainsi donné aux populations civiles des pays où l’Armée française est amenée à intervenir est désastreux… L’impunité est source de récidive et avoir condamné les assassins de MAHE à des peines assorties d’un sursis intégral revient à accorder de la légitimité à un crime qui n’en a pas et ne pourra jamais en avoir au regard de l’absence de preuves concernant les crimes imputés à MAHE. Au-delà de l’Injustice flagrante faite à sa mémoire, imaginez l’impact psychologique tant sur les populations que sur les autorités déjà défiantes à l’égard de l’interventionnisme de la FRANCE qui considère ses anciennes colonies comme son pré carré. En CÔTE D’IVOIRE, les récents accords de défense bilatéraux prévoient que les FRCI indexées par les ONG des Droits de l’Homme soient formées par la force Licorne et au MALI, la France est pressentie pour assurer la formation militaire des contingents de la CEDEAO et surtout des Forces Armées Maliennes. Compte tenu de ses missions, la force Licorne et plus largement l’Armée française se doit d’être exemplaire et impartiale, ce qui est loin d’être le cas en CÔTE D’IVOIRE et dans l’affaire Firmin MAHE en particulier.
-       Quand bien même Firmin MAHE serait-il coupable des crimes dont on l’accuse, son assassinat barbare par les soldats de la Licorne aura empêché qu’on ne le juge, ne permettant pas en cela aux familles de ses victimes de faire leur deuil. Un des principes fondamentaux du droit, c’est qu’il est interdit de se faire justice soit même sauf en cas de légitime défense. C’est à ce prix que les simples citoyens que nous sommes peuvent accepter le monopole de la violence physique légitime confiée aux forces de l’ordre dont l’Armée et la Police qui agissent au nom de l’Etat français. Au lieu d’accorder les circonstances atténuantes à ces soldats expérimentées eût égard aux circonstances exceptionnelles dans lesquelles ils travaillaient, il eût été plus juste et surtout moins criminogène de rappeler que c’est parce qu’ils assurent des missions de service public, parce qu’ils sont armés et formés pour affronter ce genre de situation, parce que leur vie n’était pas en danger qu’ils avaient l’impérieux devoir de maintenir en vie ce jeune homme suspecté de crimes afin de le juger et de le condamner dans le respect des lois et des valeurs de la République… Car si l’on commence à accepter que des militaires exécutent sommairement et préventivement tous ceux qu’ils soupçonnent de crimes en dehors d’une quelconque situation de légitime défense, comment demander aux victimes de respecter la loi et les règles en vigueur qui fondent le vivre ensemble ? 
-       Le corps de Firmin MAHE n’a pas été rendu à la famille qui attend depuis plus de 7 ans de pouvoir l’enterrer décemment. Pire, le soldat RAUGEL que l’on dit si humaniste et tellement soucieux du bienêtre d’autrui, ne s’est pas contenté d’exécuter cet ordre inique par nécessité et pour soi-disant sauver d’autres vies convaincu de la culpabilité de sa victime, il est allé chercher Adèle DITO pour valider des faux PV revêtus du sceau de la légalité par lesquels la famille refusait prétendument de reprendre le corps… Outre que cela aurait dû vous inciter à écarter ce témoignage unique et donc capital de la Défense concernant l’imputation des crimes à Firmin MAHE que la concernée ne connaissait ni de près, ni de loin, cela pose la question d’un droit naturel supérieur, celui réclamé par Antigone, de donner une sépulture à ses défunts. La famille réclame toujours que l’on respecte ce droit inaliénable et impérissable. De la même façon, les accusés pourtant pétris de remords, selon leurs propres dires, n’ont pas daigné exprimer la moindre compassion à l’égard de la famille de leur victime. On s’étonne également de l’absence du moindre Africain reconnaissant dans la salle d’audience en ce qui concerne plus spécialement le soldat RAUGEL, alors qu’une pétition revêtue de 300 signatures des habitants de BANGOLO réclamerait la libération des 4 accusés. Quand on connait la difficulté des Africains à recourir à ce genre d’écrits, on ne peut que  s’interroger sur la réalité de ce document et tout particulièrement sur son caractère spontané et désintéressé ;
-       Le procès des assassins de Firmin MAHE s’est donc transformé en procès de Firmin MAHE, cette inversion de la victime et du bourreau se révélant le seul moyen de rendre ce crime barbare « acceptable ». Alors que 14 personnes étaient annoncées comme parties civiles et/ou témoins au procès, seuls 7 ont été retenues et seulement 4 billets d’avion délivrés… Exit donc le fils de Firmin MAHE et sa mère, dont la présence aurait sans doute fortement contrarié la stratégie de criminalisation, voire de déshumanisation réussie de Firmin MAHE durant toute la durée du procès (ainsi en un jour d’audience nous avons relevé une vingtaine de  fois la mention de « criminel sanguinaire » appliquée à Firmin MAHE par le quarteron d’avocats renommés commis à la défense des accusés). Faute de délivrance diligente passeports et visas requis, les 3 proches de la victime reconnues comme parties civiles + 1 témoin n’ont pu assister qu’à la deuxième semaine d’audience, rendant ainsi impossible tout démenti des photos de crimes de coupeurs de route imputés à Firmin MAHE, photos utilisées comme des preuves post mortem de sa culpabilité prises par un officier de la Police militaire présent au procès et accessoirement membre du Comité de soutien au Commandant-chef Guy RAUGEL, belle preuve d’intégrité et d’impartialité. Les seules preuves de sa prétendue culpabilité ont donc été fournies par des amis de RAUGEL juges et parties (CQFD !).
-       Sans que jamais la partie civile ou vous-même en tant que défenseur de l’intérêt général ne vous y opposiez, la Défense et ses témoins prestigieux (« des étoiles comme s’il en pleuvait » dira même l’un des avocats en parlant des 8 Généraux et autant de Colonels presque tous étrangers au dossier qui se sont succédés à la Barre) ont réussi à faire passer l'idée selon laquelle la Licorne* (dont nous connaissons la participation active pour ne pas dire la planification des massacres en cours notamment des Wê, l'ethnie de Firmin MAHE) aurait évité un RWANDA bis et permis la réconciliation du NORD et du SUD... Rien que ça ! Quand on connaît la situation actuelle des Droits de l'Homme en CÔTE D’IVOIRE* qui ne peut même plus être couverte par les ONG pourtant partisanes, on ne peut qu'être révolté contre toute cette mise en scène ! Sans oublier que le Collectif des Parties Civiles du RWANDA accuse bien l’Armée française de complicité dans le génocide rwandais et non la « bande à MAHE » ou bien ?
-       S'il s'agissait de se faire une notoriété sur le dos des parties civiles, alors tant les magistrats du Parquet que les magistrats du Siège sans oublier les avocats de tous bords ont gagné à participer à ce procès très médiatisé et nous vous adressons nos salutations les plus attristées... S'il s'agissait de défendre l'égalité en dignité humaine, quelque soit la couleur de peau, le statut social et la taille du portefeuille, alors vous avez perdu et nous tous avec vous!
-       L’atténuation des peines requises sous le prétexte fallacieux de l’absence de PONCET sur le banc des accusés en tant que donneur d’ordre est quant à elle totalement indécente, tant il est vrai que l’absence de HITLER au procès de NUREMBERG n’a pas empêché la condamnation de ses collaborateurs les plus zélés au motif qu’ils auraient obéi à des ordres et que cela les exonérerait d’une grande part de leur responsabilité !
-       Enfin l’accusation fantaisiste de dernière minute des avocats concernant les menaces de mort qu’aurait reçu Adèle DITO de la part de nous autres Patriotes Ivoiriens ou militants panafricains prêterait à rire si elle ne révélait pas le déni d’humanité de la victime par la Défense ainsi que son ignorance totale de la région et du contexte du drame. A BANGOLO comme dans tout le reste de la CÔTE D’IVOIRE, la population continue de subir le joug des rebelles installés au pouvoir par la force et par la France dans l’indifférence généralisée!
C’est pourquoi nous vous exhortons à user de votre droit à faire appel du verdict de la Cour d’Assises de PARIS dans le meurtre de Firmin MAHE dans le respect du  très court délai de 10 jours imparti à compter de la signification du verdict sauf à cautionner la parodie de justice à laquelle il nous a été donné d’assister.

Ampliations :
Garde des Sceaux, Elysée, Assemblée Nationale, Sénat, ONG Droits de l’Homme, Partis politiques français, CPI, Union Européenne, Union Africaine,…

*Quelques liens vers la mise en cause de la Licorne dans les exactions commises en CI :

http://www.youtube.com/watch?v=F9xS9FpYCSc&feature=player_embedded#at=21 (reportage d’Al Jazeera sur la violence des bombardements et des cibles civiles de l’ONU) http://youtu.be/F9xS9FpYCSc
http://www.youtube.com/watch?v=rxT8uXQLIXY (Michèle ALLIOT MARIE explique que c'est la France qui a coupé le signal de la RTI) http://youtu.be/rxT8uXQLIXY 
http://www.youtube.com/watch?v=5SEVZcrDYvg&feature=related (reportage ARTE sur incapacité forces rebelles de prendre le pouvoir) http://youtu.be/5SEVZcrDYvg
http://www.youtube.com/watch?v=1Z47-OMI2Fk&feature=related (comment la Licorne arme les rebelles dans plusieurs villes de CI début avril 2011)
http://www.wat.tv/video/simon-ambassadeur-france-abidjan-3mbux_2hpbt_.html (Jean-Pierre SIMON prétendu ambassadeur de France en CI début avril)
http://www.youtube.com/watch?v=3mgh5fph6tg&feature=player_embedded (mensonge médiatique sur qui a réellement capturé Laurent GBAGBO par Théophile KOUAMOUO) http://youtu.be/3mgh5fph6tg
http://souverainete-africaine.com/?p=3069&cpage=1#comment-982 (article sur Souveraineté Africaine du 030611 de Guillaume T GBATO intitulé GOUVERNEMENT OUATTARA : UN MÉLANGE DE VIEUX CHEVAUX ET DE « HAS BEEN » 
http://www.youtube.com/watch?v=OXPabYttNeo&feature=related (Cote d'Ivoire Quand l'Armee Francaise Ment Part 1 2) http://youtu.be/OXPabYttNeo
http://vimeo.com/44061055  (manipulations sous haute tension partie 1/2 par Jean-Marc FROISSART)
http://vimeo.com/44154718 (manipulations sous haute tension partie 2/2 par Jean-Marc FROISSART)
http://www.defense.gouv.fr/operations/cote-d-ivoire/actualites (actualités du Ministère de la Défense française)
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=eSumHaxLh4U#! (La TV publique ivoirienne dénonce les crimes de la France en CI) http://youtu.be/eSumHaxLh4U
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/11/23/des-temoins-pourraient-manquer-au-proces-des-militaires-francais-accuses-de-meurtre-en-cote-d-ivoire_1795420_3212.html (des témoins pourraient manquer au procès des militaires français dans l’affaire Mahé 231112 par le Monde)

Permis de tuer en CÔTE D’IVOIRE. Liens vers des vidéos et articles consacrés au verdict aussi indigne que malheureusement prévisible :


Quelques images de la manifestation du vendredi 14 décembre contre le permis de tuer donné à la Force Licorne en Côte d'Ivoire :

Nous avons été une vingtaine sous la pluie et les provocations policières à dénoncer le procès inéquitable des assassins de Firmin MAHE et à exiger que Christiane TAUBIRA Garde des Sceaux fasse appel. Alors que le Récépissé de dépôt de déclaration mentionnait l’envoi d’une délégation et que jamais une telle demande ne nous avait été refusée auparavant à des heures d’ouverture au public d’un Ministère Français, on nous a averti d’emblée que le Ministère de la Justice refusait catégoriquement de recevoir la moindre délégation, voire même tout dépôt de motion, nous invitant à envoyer le courrier par la Poste, soit en ce vendredi 14 décembre au-delà du délai d’appel de 10 jours (CQFD). Ci-dessous quelques images de ce rassemblement certes modeste, mais auquel nous sommes fier d’avoir participé (un vendredi ouvré par sale temps à des heures de bureau avec une mobilisation réduite eût égard au délai d’appel quasi forclos, nous ne nous attendions pas à une marée humaine):
http://www.youtube.com/watch?v=Pn7EJbI6SW4&feature=youtu.be (Manifestation contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 1)
http://www.youtube.com/watch?v=uFuWj6hRI9s&feature=youtu.be (Intervention de Fatou Mahine lors de la Manifestation contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 2)
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=lUNxSIDUle8 (Intervention de Marie-Louise lors de la Manifestation contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 3)
http://www.youtube.com/watch?v=QoJ1O-_d08M&feature=youtu.be (Contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 4)
http://www.youtube.com/watch?v=QPuVvRvnhO0&feature=youtu.be (Lazare Coordinateur du Comité de soutien à la famille MAHE Contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 5)
http://www.youtube.com/watch?v=1JLjPDu5izw&feature=youtu.be (Le Patriote Diez de Duékoué Contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 6)
http://www.youtube.com/watch?v=RHb30pbVog4&feature=youtu.be (Maman Aïssata Contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 7)
http://www.youtube.com/watch?v=Z--es7OQLh0&feature=youtu.be (Maman Zékou et alii Contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 8)
http://www.youtube.com/watch?v=MKLF3sudcKA (Hymne ivoirien Contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 9).
http://www.youtube.com/watch?v=9HJ-oyqN_8Q  (Réquisitoire contre le "permis de tuer" donné à la Licorne par la Cour d'Assises le 07 déc 2012 10)

Christine TIBALA
06 10 47 67 17

Article de Survie contre le permis de tuer accordé à la Licorne en Côte d'Ivoire :
 L’association Survie s’indigne de la décision du ministère public de ne pas faire appel du verdict rendu dans le procès de l’affaire du meurtre de Firmin Mahé. Les peines avec sursis prononcées contre les militaire français jugés coupables de ce crime de guerre commis en Côte d’Ivoire sont en effet insignifiantes. Mais surtout, les responsabilités au sommet, tant militaires que politiques, ont été honteusement escamotées. Signe que les interventions de l’armée française en Afrique demeurent au-dessus de tout contrôle.
  Le 13 mai 2005 en Côte d’Ivoire, des soldats de l’opération française Licorne étouffaient un Ivoirien au moyen d’un sac poubelle. Firmin Mahé était le chef présumé d’une bande armée, accusée de crimes dans la zone de confiance qui séparait le sud du pays, contrôlé par le gouvernement, et le nord, occupé par la rébellion. Suite aux accords de Linas-Marcoussis et aux résolutions de l’ONU, les casques bleus, fortement épaulés par les militaires français, y étaient en charge de la sécurité.
  C’est dans cette zone "de confiance" en fait zone de non-droit, où a explosé la criminalité [1] que nos militaires se sont affranchis des règles. Emploi d’indics ivoiriens sous uniforme français [2] ! Passages à tabac et traitements dégradants [3] !, Exhortation du colonel Burgaud pour « buter » un criminel pour l’exemple [4] ! Et donc exécution extra-judiciaire pour Firmin Mahé. Rappelons aussi que, dans la même région, des soldats de Licorne avaient braqué une banque [5] !
  Vendredi 7 décembre 2012, la Cour d’assises a déclaré coupables trois des quatre militaires jugés dans cette affaire. Après deux semaines d’audiences, ces militaires ont été adroitement décrits comme les véritables victimes de cette affaire – victimes d’un mandat onusien irréaliste, victimes de casques bleus incompétents, victimes d’ordres illégaux, victimes d’une institution qui dresse des hommes à abandonner tout jugement – ces auteurs d’un crime de guerre caractérisé ont été condamnés à seulement un an à cinq ans de prison avec sursis. Dès le mardi 11 décembre, le Parquet a déclaré qu’il ne ferait pas appel de cette décision, avalisant ainsi une forme de "permis de tuer" pour les militaires français en Afrique : vous avez le droit à un assassinat, mais pas à deux. Si le jugement prononcé était juste, ce même jugement devrait en effet être prononcé de nouveau à l’avenir contre tout autre militaire qui, face à une situation complexe, se rendrait coupable d’exécution extra-judiciaire sur un prisonnier criminel. Le jugement actuel crée ainsi une jurisprudence dangereuse.
  Par ailleurs, de bout en bout, la gestion de la crise ivoirienne est française. Les résolutions de l’ONU, qui donnent mandat à la force Licorne, ont toutes été écrites par la délégation française. Les accords de Linas-Marcoussis, qui ont instauré la zone de confiance et sur lesquels s’appuyait l’ONU, ont été imposés depuis Paris. Les missions sous casques bleus sont pilotées depuis New-York par les diplomates, immuablement français, qui dirigent le département des opérations de maintien de la paix.
  On sait d’ailleurs que les méthodes expéditives de l’armée française en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire, ne s’arrêtent pas à l’affaire Mahé. En d’autres circonstances, un chasseur alpin dira « des affaires Firmin Mahé, mettant en cause des officiers supérieurs, j’en ai vu plusieurs pendant que j’étais en Côte-d’Ivoire. » [6]
  Si, au contraire d’affaires similaires, l’élimination de Firmin Mahé a eu des conséquences judiciaires, c’est très probablement à cause de l’épisode dramatique qui l’a précédé en novembre 2004 et qui oppose deux acteurs majeurs de l’époque : la ministre de la Défense Alliot-Marie et le commandant de la Force Licorne à l’époque, le général Henri Poncet. Il s’agit du bombardement de Bouaké, dans lequel neuf soldats français ont été tués et qui a précédé de sanglantes représailles de l’armée française sur les civils Ivoiriens. Après la plainte des familles des soldats français victimes de ce bombardement, les partitions jouées par le général Poncet et par Michèle Alliot-Marie ne s’accordent guère. Devant la juge du Tribunal aux Armées de Paris, le général évoque une « bavure manipulée » [7] destinée à justifier le renversement du président Gbagbo. Pour le contrer, l’ex-ministre exploite médiatiquement l’affaire Mahé. Tandis qu’en 2010, à l’issue de l’instruction, le Tribunal aux Armées de Paris renvoie aux assises les quatres militaires qui viennent d’être jugés, leur responsable hiérachique, le général Poncet, bénéficie d’un non-lieu. Les audiences du procès ont pourtant révélé l’existence de rapports internes à l’armée sur ce général au « style de commandement très violent, très pousse-au-crime » [8], qui aurait ordonné à l’un de ses colonels, après le bombardement de Bouaké, « je veux des morts ivoiriens » [9] .
  Exonération de la haute hiérarchie militaire de ses responsabilités, refus du ministère public de faire appel des peines de sursis prononcées : le précédent créé par cette première affaire en cour d’assises concernant des militaires coupables d’homicide est désastreux. L’association Survie s’indigne d’une telle indulgence pour les exécutants et leur chef, qui n’a pas été inquiété. Cela revient à blanchir officiellement les comportements criminels de l’armée française en Afrique.

  [1] Lire « Les gens sont abandonnés à leur sort ». Témoignages recueillis en Côte d’Ivoire : 2003-2006, Médecins sans Frontières Belgique, 2007. Ce rapport n’est plus disponible sur internet mais peut être consulté sur le site de Survie. Parmi les témoignages recueillis, un membre du personnel médical de la ville de Man déclarait en août 2005 : « les victimes de violences, qui se font soigner ici, viennent pour la plupart de l’intérieur de la zone de confiance. Le danger y est omniprésent. Les habitants y sont abandonnés à leur sort. Ils ne peuvent compter sur personne pour assurer leur sécurité. Lorsqu’un vol est commis d’un côté ou de l’autre de la zone de confiance, on appelle la police et c’est fini. Mais qui garantit la sécurité dans cette zone ? Tout le monde peut y faire ce qu’il veut sans risque d’être inquiété car les crimes restent impunis. »
  [2] Guy Raugel : « J’avais monté un réseau d’indics qui ne se connaissaient pas pour pouvoir recouper les informations. Ponctuellement, je mettais dans mes patrouilles un indic déguisé en militaire français. » Le Dauphiné Libéré, 27 novembre 2012. Guy Raugel a répété ses propos devant la cour d’assises.
  [3] Lire L’armée parmi les accusés au procès des mosquées brûlées, Libération, 07/12/2006. Au sujet d’un ancien caporal chasseur alpin condamné au procès des mosquées brûlées d’Annecy : « À plusieurs reprises, il a participé à la force d’interposition entre rebelles et partisans du président Laurent Gbagbo en Côte-d’Ivoire. Il évoque l’affaire Firmin Mahé, ce jeune Ivoirien tué par des soldats français, et dit : « des affaires Firmin Mahé, mettant en cause des officiers supérieurs, j’en ai vu plusieurs pendant que j’étais en Côte-d’Ivoire. » Il raconte que lorsqu’ils attrapaient un rebelle, ils « le ligotaient et le sergent lui mettait un coup dans la gueule, puis c’était chacun son tour, et on le faisait sinon on était traités de pédés ». David Métaxas, avocat de la Licra, lui demande alors combien de fois c’est arrivé. Il soupire, ne sait pas, suggère qu’il a vu pire mais ne peut pas le dire. Puis rapporte cette anecdote : pour l’un de ses anniversaires, un lieutenant lui aurait dit : « joyeux anniversaire caporal. Comme cadeau, je t’offre trente Noirs pour construire un bunker. » La cour ne comprend pas, lui demande d’être plus clair. Il explique alors qu’il s’agissait d’un jeu fréquent. Des « esclaves » à qui l’on faisait construire des « postes de combat avancés » dont l’armée n’avait pas besoin. »
  [4] Le colonel Burgaud a dit à ses hommes : « Il faut en buter un. Tant qu’on n’en aura pas tué un, le problème ne sera pas réglé. » À la barre, il a expliqué qu’il s’agissait en fait de « faire un flagrant délit ».
  [6] Cf. supra, L’armée parmi les accusés au procès des mosquées brûlées, Libération, 07/12/2006.
  [7] Lire Le bombardement de Bouaké, une « bavure manipulée » ? Mediapart, 06/11/2011.
  [8] Témoignage du général de Malaussène devant la cour d’assises, le 4 décembre 2012.
  [9] Le colonel dont il s’agit, Luc de Revel, est aujourd’hui sous-directeur de l’Afrique subsaharienne pour la coopération militaire au Ministère des affaires étrangères. Son témoignage, qui figure dans le dossier Mahé (Mediapart, 06/11/2011), a été rappelé devant la cour d’assises par le général de Malaussène.

Lien vers un article sur le procès MAHE tout en iniquité et abus de faiblesse sur fond de criminalisation a posteriori de la victime :http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/lassassinat-barbare-de-firmin-mahe-le.html  



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